L'opposition tire à boulets rouges sur Marie-Christine Marghem

La ministre de l'Energie a beau tenter de rassurer, expliquer qu'elle prend les choses en mains pour éviter une pénurie d'électricité le mois prochain en Belgique, ses explications sont loin de convaincre tout le monde. Du coté de l'opposition au parlement fédéral, l'agacement est visible. Le fait que Marie-Christine Marghem rejette la faute sur Electrabel ne passe pas. En témoigne la pluie de critiques exprimées à l'entrée de la commission santé ce mardi, où Marie-Christine Marghem est pourtant sensée parler du plan climat et non de pénurie. 

"La ministre a une responsabilité pleine et entière" 

Au CDH, Catherine Fonck estime que la ministre se dédouane de ses responsabilités: "C'est un peu facile. Oui Electrabel a une responsabilité mais la ministre l'a tout autant. Comment a-t-elle anticipé les choses? Pourquoi a-t-elle supprimé la réserve stratégique qu'on met pourtant en route depuis plusieurs années pour assurer les moments de difficultés? Comment n'a-t-elle pas monitoré les choses de manière précise avec Electrabel pour que les révisions de certaines centrales ne se fassent pas au milieu de l'hiver mais quand on a un besoin moindre électricité parce qu'il y a plus d’énergie renouvelable, par exemple en été. Elle a une responsabilité pleine et entière et ce que je lui demande aujourd'hui, c'est de trouver des solutions."

Le ton est le même du coté du PS. Karine Lalieux pointe les conséquences pour le consommateur: "le problème avec madame Marghem est qu'elle rejette toujours la responsabilité sur l'autre. Elle accuse toujours tout le monde,elle n'est jamais responsable. Ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que madame Marghem a été négligente en misant tout sur le nucléaire, sur 7 réacteurs vieillissants, à bout de souffle, en manque de sécurité et dont 6  aujourd'hui sont à l'arrêt. Si madame Marghem avait mis une autre politique de sécurité et d’approvisionnement en place, notamment en misant sur les centrales aux gaz, on en serait pas là aujourd'hui. La seule chose qu'a faite madame Marghem et ce gouvernement, c'est augmenter la TVA sur l’électricité de 150 euro par famille par an en plus. Mais ce qu'on entend aussi, à cause du fait qu'elle n'a pas mis de politique de sécurité en place, c'est que les experts disent qu'il y aura encore 100 euros en plus par famille. Donc il n'y aura peut-être plus d'électricité cet hiver, mais les gens payeront 250 euros en plus. Voilà la vraie politique de madame Marghem."

Plus tôt ce matin, sur les ondes de la RTBF, l'écologiste Jean-Marc Nollet avait exprimé toute sa colère: " Vous savez qu’on est quatre années après son entrée en fonction et que la situation aujourd’hui, en termes de risques de pénurie, est plus grave qu’au moment où elle est arrivée en fonction. Elle a aggravé la situation aujourd’hui alors que des alternatives existent. Elle s’est refusé de les voir parce qu’elle s’est laissé aveugler d’une part par Electrabel, et d’autre part par son choix du tout au nucléaire. Et c’est pour ça que je suis fâché."

Le MR soutient sa ministre

Par communiqué, le président du MR, parti de Marie-Christine Marghem, a lui aussi réagi.  Si Olivier Chastel reconnait que "la situation est problématique", il défend aussi l'action du gouvernement: "Le MR soutient le gouvernement fédéral de Charles Michel, et en particulier la ministre Marie Christine Marghem, dans leurs démarches pour trouver des solutions garantissant notre sécurité d’approvisionnement et le maintien d’une facture à prix abordable. Au sein du gouvernement fédéral, la ministre Marghem a pris les bonnes mesures. Elle a prolongé les centrales de Doel 1 et 2, elle a soutenu l’implantation de nouvelles éoliennes en mer du nord et favorisé l’interconnexion avec les pays voisins. Elle a aussi conclu avec les entités fédérées, qui devront le mettre en œuvre, un Pacte Energétique qui pose les bases d’une stratégie cohérente à moyen et long terme pour l’adaptation du système énergétique de la Belgique. Autant de mesures qui rendent aujourd’hui notre pays plus fort pour affronter la situation problématique que nous connaissons aujourd’hui ".

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK