Sortie du nucléaire: "Il faut intégrer le coût du démantèlement des centrales", dit Ecolo

"Maintenant une décision doit être prise pour sortir du nucléaire, mais en même temps, il faut veiller à ce que le consommateur ne soit pas perdant dans cette sortie", estime Karine Lalieux.
"Maintenant une décision doit être prise pour sortir du nucléaire, mais en même temps, il faut veiller à ce que le consommateur ne soit pas perdant dans cette sortie", estime Karine Lalieux. - © GEORGES GOBET - AFP

L'opposition a réagi aux conclusions de l'étude sur l'impact de la sortie du nucléaire sur la facture d'électricité des ménages présentées par la ministre de l'énergie Marie-Christine Marghem. Les membres de l'opposition estiment que ces conclusions vont dans le bon sens même s'il manque quelques éléments. 

"Aujourd'hui, on a une partie des données mais on doit intégrer, et compléter les données déjà sur la table, avec le coût du démantèlement des centrales nucléaires et le coût de la gestion des déchets nucléaires. Cela veut dire 20 milliards d'euros en plus", a réagi Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo à la Chambre. 

Une décision doit être prise pour sortir du nucléaire, mais en même temps, il faut veiller à ce que le consommateur ne soit pas perdant dans cette sortie

"Je pense qu'il est grand temps de prendre une décision, a déclaré pour sa part Karine Lalieux, chef de groupe PS à la Chambre. Nous savons qu'il y a eu des éléments contraires dans ce gouvernement. La N-VA ne veut pas sortir du nucléaire, certains membres du MR ne voulaient pas en sortir. Aujourd'hui, il y a l'étude. Maintenant une décision doit être prise pour sortir du nucléaire, mais en même temps, il faut veiller à ce que le consommateur ne soit pas perdant dans cette sortie". Pour cela, la socialiste prône pour un abaissement de la TVA. 

Très concrètement et selon les conclusions présentées par la ministre, l'augmentation devrait être de 15 euros hors TVA par an et par ménage. Sur les ondes de la RTBF, la ministre de l'Énergie évoque aussi la construction possible de centrales à gaz. Elle estime que le pacte énergétique est désormais à portée de main.

Le parlement presse la ministre de lui envoyer l'étude

Majorité - sauf le MR - et opposition ont exigé de la ministre de l'Energie Marie Christine Marghem qu'elle leur livre, en commission de l'Economie de la Chambre, les résultats de l'étude sur le chiffrage du pacte énergétique.

Rejoint par l'opposition, Kristof Calvo a demandé que le parlement puisse également disposer de cette étude du professeur Albrecht.

A l'exception du MR, la majorité a embrayé. Se disant "terriblement choquée" par l'interview de la ministre, la députée Leen Dierick (CD&V) a estimé qu'il n'était "pas sage" de sortir ainsi dans la presse. "Et puisqu'elle a eu droit à la primauté, je comprends la demande des collègues de livrer les résultats au parlement", a-t-elle ajouté.

Sur les bancs de la N-VA, Bert Wollants n'a pas dit autre chose. "Il est logique que si l'étude est terminée, le parlement peut s'en saisir pour en débattre. Il nous faut toutes les données du professeur Albrecht et du Bureau du plan", a-t-il dit. Commentant plus avant, il a souligné que l'étude ne portait que sur le volet fédéral. "Si le surcoût est de 15 euros par famille, cela fait 370 ou 380 millions d'euros. On ne parle là que de l'investissement dans les centrales au gaz. Il faut y ajouter notamment le coût de l'énergie renouvelable", a-t-il dit.

Le député de l'Open Vld Egbert Lachaert a lui donné "deux semaines" à la ministre pour produire au parlement le contenu de l'étude Albrecht.

La commission tentera dès lors d'organiser une nouvelle séance sur le dossier le 7 mars.

Je ne peux pas préjuger du timing du gouvernement

Mais la ministre a dit refuser de "s'enfermer dans un calendrier". L'étude est un des éléments, avec d'autres études et la "vision" des ministres de l'Energie qui doivent amener le gouvernement fédéral à débattre d'une proposition puis à finaliser le pacte énergétique qui doit encore être avalisé par deux entités du pays, a-t-elle dit. Ce n'est qu'au terme de ce processus qu'elle pourra venir au parlement pour lui soumettre l'ensemble des données à sa disposition. "Je ne peux pas préjuger du timing du gouvernement, qui n'a toutefois pas en tête de faire perdurer le travail sur le pacte énergétique pendant des semaines", a-t-elle dit. Selon la ministre, il n'était pas difficile d'arriver au résultat présenté mercredi par La Libre Belgique; en s'inspirant de la dernière étude Elia, on pouvait arriver à la même conclusion.

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