L'opposition flagelle le voyage du Roi en Arabie saoudite

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Pendant l'heure des questions à la Chambre, le Premier ministre Charles Michel a du faire face aux vives critiques de l'opposition après la visite du roi Philippe en Arabie Saoudite. Le Premier a tenté de justifier ce déplacement sans convaincre. Il a aussi annoncé une "tolérance zéro" envers l'antisémitisme.

Le voyage du roi Philippe en Arabie Saoudite le 26 janvier pour présenter ses condoléances après le décès du roi Abdallah a suscité des questions dans l'opposition (CD&V, FDF, Ecolo-Groen et sp.a) : absence de démocratie, berceau de l'islamisme radical et mauvais élève en matière de droits de l'homme.

Le Premier ministre Charles Michel (MR) a justifié le déplacement du souverain, couvert par le gouvernement, par la présence aux hommages par celle de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement étrangers ainsi que par le rôle de l'Arabie Saoudite et de son souverain dans la lutte contre le terrorisme. Charles Michel a encore invoqué les relations diplomatique anciennes entre Bruxelles et Riyad.

Pour Olivier Maingain (FDF), la présence du roi dans un pays qui est loin d'être un modèle de démocratie interpelle et choque. La réponse convenue d'avance, "médiocre" et empreinte de "suivisme" du Premier ministre cache selon lui surtout des intérêts commerciaux et que cette "hypocrisie" permet des flagellations et l'absence de justice pour les femmes violées dans ce pays.

Dirk Vandermaelen (sp.a) a épinglé l'absence d'esprit critique du Premier ministre qui ne respecterait pas sa parole telle qu'elle est formulée dans l'accord de gouvernement au chapitre politique étrangère qui met en avant le respect des droits de l'homme par les partenaires de la Belgique. "Vous avez couvert le voyage du Roi dans un régime scandaleux", a-t-il conclu.

Antisémitisme: tolérance zéro

Après l'attentat au Musée juif de Belgique et les opérations antiterroristes menées en Belgique, la sécurité et l'antisémitisme étaient aussi à l'ordre du jour de la Chambre, surtout après les déclarations de Rudi Vervoort (PS), ministre-président bruxellois, comparant les mesures envisagées par le gouvernement contre les personnes condamnées ayant une double nationalité avec les pratiques de l'Allemagne hitlérienne ou les lois de Vichy en France.

Koen Degroote (N-VA) a condamné comme beaucoup d'autres ces propos, une condamnation reprise à son compte par le Premier ministre qui a annoncé une meilleure coopération entre régions et rappelé les douze mesures antiterroristes récemment annoncées par le gouvernement: elles seront rapidement converties en mesures concrètes, assure-t-il.

Dans la foulée en réponse à Sophie Wilmès (MR), Charles Michel a annoncé la "tolérance zéro" envers l'antisémitisme. 

@jfherbecq

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