L'Open Vld veut coupler participation au fédéral et au niveau flamand

Gwendollyn Rutten, présidente de l'Open Vld
Gwendollyn Rutten, présidente de l'Open Vld - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Cela va-t-il enfin bouger du côté de la formation du gouvernement flamand ? On attend toujours que Bart De Wever, le formateur N-VA, livre son choix de partenaires avec lesquels il lancerait enfin des négociations pour un prochain accord de gouvernement. C’était pour la semaine dernière, puis le week-end, et toujours rien. Avec toujours les mêmes équations : avec ou sans l’extrême-droite Vlaams Belang avec laquelle il discute toujours actuellement ? Et surtout avec qui d’autre ? sp.a, Cd&V ou Open Vld ?

Sur le cœur des tractations en cours, c’est toujours la discrétion, preuve d’une certaine volonté des uns et des autres d’aboutir enfin. Le Belang piaffe entre volonté répétée d’en être et menaces contre la N-VA en cas d’exclusion. On évoque aussi des dissensions internes au sp.a et au Cd&V sur l’idée même de s’associer à la N-VA : y aller ou pas ? Avantages et inconvénients. Et puis il y a les libéraux de l’Open Vld.

En attendant une invitation de Bart De Wever

Des libéraux qui s’attendent visiblement à recevoir dans les prochaines heures une invitation de Bart De Wever – mais cela bouge aussi du côté du CD & V, nous dit-on – et qui planifient un bureau de parti important pour lundi "ou plus tôt si l’actualité politique l’exige". Des libéraux qui, comme socialistes et chrétiens, refusent toujours de parler au Vlaams Belang en vue de former la future coalition flamande. Le sort final de l’extrême-droite semble donc a priori bel et bien scellé, sauf qu’il faut encore habiller "médiatiquement" ce lâchage qui devrait faire beaucoup de bruit…

Ni au gouvernement flamand, ni au fédéral ?

Mais la nouvelle petite musique qui monte du côté de l’Open Vld c’est cette idée désormais de coupler une entrée dans un exécutif en Flandre à la participation au fédéral. "Si nous sommes débarqués au niveau flamand", dit-on en interne, nous ne participerons pas non plus au fédéral".

Sauf que ce couplage risque de compliquer encore plus les choses. Avec d’abord une N-VA poussée en Flandre à conclure – sans doute avec quelques regrets, puisque ce n’est pas sa "préférée" a priori – une coalition avec Spa et Cd&V. Pas la "Bourguignonne" si souvent annoncée (N-VA, Open Vld et sp.a, comme dans la ville d’Anvers, soit 63 sièges sur 124), mais une alliance avec majorité suffisante tout de même (N-VA, Cd&V et sp.a soit 66 sièges sur 124) ; sauf que pour l’image, et face aux coups de boutoir à attendre du Belang, la N-VA aura fort à faire pour justifier et défendre une coalition plutôt, disons, de "gauche".

Une coalition à reproduire aussi sans doute au niveau fédéral en cas de désistement libéral flamand. Ce qui veut dire pas de majorité côté flamand dans cet attelage fédéral, mais comme dans tous les cas de figure d’ailleurs, – pour rappel, à la Chambre la N-VA c’est 35 députés, le Belang 23, le Cd&V 19, l’Open Vld 16, Groen 14, le sp.a 12, sur un total de 150 députés dont 88 néerlandophones.

Avec globalement des nationalistes qui demeureraient bien difficiles à contourner. Contourner comment ? Une alliance Cd&V, Open Vld, sp.a ne suffirait numériquement pas, pas plus avec Groen. Et puis on voit mal des partenaires choisis au niveau flamand (Cd&V ou sp.a) soudain "trahir" les nationalistes au niveau fédéral… C’est sans doute ce que le formateur flamand Bart De Wever est occupé à vérifier, d’où la longueur des discussions et le fait qu’il ait voulu attendre au maximum les derniers remous du fédéral.

Sachant aussi que, côté francophone, le MR ne se lancerait pas/plus seul a priori au fédéral, et en tout cas pas sans le parti frère, l’Open Vld. Vous avez dit compliqué ?

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