L'officialisation du parc Delphine Boël à Gand est à l'étude

Delphine Boël a assisté à l'inauguration du lieu-dit en 2010.
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Delphine Boël a assisté à l'inauguration du lieu-dit en 2010. - © Dominique Dierick / Koningin Elisabethlaan 2022

Delphine Boël est bien la fille du Roi Albert II. Mais ce qui n’est pas encore officiel, c’est l’appellation du parc situé le long de la Burggravenlaan et du chemin de fer à Gand. Depuis 2010, un petit espace vert porte le nom de la désormais quatrième enfant d’Albert. Une initiative d’un comité de riverains de l’avenue Princesse Clémentine, "Viva Clementina". Le jour de l’inauguration, le 28 août 2010, Delphine Boël était même présente sur place pour dévoiler la plaque "Park Delphine Boël", belgische kunstenares, 1968".

Mais l’appellation, on l’a dit, n’a aucune valeur officielle. C’est désormais un lieu-dit qui a toutefois une reconnaissance numérique. Google a planté une indication "Parc Delphine Boël" sur ses cartes. La reconnaissance de Delphine actée par le Roi Albert II lui-même, les autorités gantoises et les riverains souhaiteraient aller plus loin dans la démarche.

Guy Reynebeau, ancien échevin gantois SP.A, qui avait organisé la cérémonie d’inauguration en 2010, a été un des premiers cette semaine à réclamer une formalisation de l’appellation dans un post facebook. "Lorsque le projet a été porté au conseil communal, il a fait couler beaucoup d’encre", se souvient l’ancien mandataire dans une interview au Nieuwsblad. "Notamment parce qu’un parc prend son nom dans un quartier qui n’a que des noms de rues royales : Prinses Clementinalaan, Koningin Elisabethlaan, Koningin Astridlaan. Il s’agit donc d’une reconnaissance officieuse. Une fausse plaque signalétique de rue a été réalisée et placée à la lisière du parc. Le signe ne devait pas non plus sembler trop réel pour empêcher quiconque d’avoir à appeler les services d’urgence et qu’il y ait confusion."

Féminiser l’espace public

Aujourd’hui, celui-ci plaide pour la reconnaissance officielle. Pourquoi ? Afin de favoriser la féminisation de l’espace public, toujours dominé par des références masculines. "Une rue qui porterait le nom de Delphine Boël ? Cela n’aurait pas de sens et cela ne se fait qu’après le décès d’une personnalité. Mais officialiser l’appellation du parc, c’est tout à fait possible."

Patrick Ysebie, du comité de quartier, a été l’origine de la création du parc, dans un esprit frondeur. "A Gand, nous sommes un peu des rebelles. Il faut savoir que ce parc est un endroit peu connu mais très agréable. On y trouve des arbres centenaires. Et c’est là que se trouvait jadis la gare Saint-Pierre", déclare celui-ci à la VRT. "Tout le monde pensait que jamais elle ne viendrait à l’inauguration. On nous prenait pour des fous."

A l’époque, Delphine Boël est une personnalité mais son lien avec la famille royale reste encore sujet à supputations. Depuis, les choses ont changé.

Pour les autorités gantoises, il faut toutefois se conformer à certains critères. "Seuls les membres de la famille royale vivants peuvent donner leur nom à une artère, à un lieu", exemple avec le boulevard du Roi Albert II à Bruxelles inauguré en 1999. Dans le cas de Delphine Boël, "il y a une reconnaissance mais le statut juridique n’est pas encore très clair. En tout cas, ce qui sûr, c’est que Gand veut pousser la féminisation de l’espace public", disent les autorités citées par la VRT.

Si le dossier venait à trouver une issue favorable, le comité de quartier se dit prêt à inviter une nouvelle fois Delphine dans le cadre d’une cérémonie formelle.

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