L'OCDE pour l'accélération des réformes des pensions

Pas vraiment de surprise en effet : l’OCDE, organisation de 34 pays industrialisés et développés, n'a jamais été un acteur, un arbitre neutre idéologiquement. Et l'OCDE, dans son rapport du jour sur les pensions, persiste et signe. Oui, le vieillissement de la population, couplé à une hausse continue de l'espérance de vie, engendrent de nouveaux défis en matière de financement des pensions surtout pour assurer à long terme la viabilité du système. Et l’organisation le reconnaît : la plupart de ses membres s’y sont attelés, à des rythmes divers.

Contribuer davantage et reculer l'âge de la retraite

Pas de secret : même si certains pays ont opté pour des taxes sur le pensions les plus hautes (en Finlande), si d’autres ont augmenté les cotisations (Québec, France, Finlande encore, là où la Grèce les a gelées depuis 2011, là où d’autres pays ont joué, eux, sur l’augmentation de la durée minimale de cotisation ou des incitants pour travailler plus longtemps), "contribuer davantage et durant des périodes plus longues, particulièrement via un recul de l'âge de la pension, est la meilleure approche pour faire face à ces défis" résume l'OCDE. Mais attention en tenant tout de même compte d’un ratio à préserver entre les années de retraite et les années de contribution; l'OCDE appelle les états membres à mieux tenir compte des "index de mortalité" par pays, par travailleur, par milieu socio-économique, pour élaborer des politiques les plus réalistes possibles en adéquation avec l'espérance de vie de chacun. Parmi les pays OCDE, sachez que les Polonais travailleront jusqu’à 67 ans à partir de 2020, les Canadiens jusque 67 ans d’ici 2029, les Irlandais 68 ans après 2028.

Nouveau coup de pouce à l'épargne-pension... privée

L’OCDE appelle aussi à rester vigilants sur le niveau même des pensions alors que le rapport entre actifs et retraités va chuter : de 4 actifs en moyenne pour un retraité aujourd’hui à 1 ou 2 actifs pour un retraité dans 20 ans. Nombreux, signale l’organisation, sont déjà les retraités qui vivent sous ou à la limite du seuil de pauvreté. L’OCDE qui met aussi en avant l’importance de l’épargne-pension privée à côté des piliers de pensions traditionnels. "De nombreux pays ont déjà adopté des réformes pour renforcer les régimes privés de retraite par capitalisation. Le rapport souligne qu'il est important de rehausser leur taux de couverture dans les pays où ils sont facultatifs".

Mais sur tout cela l’OCDE appelle surtout les gouvernements à mieux communiquer. Auprès des seniors mais aussi auprès des jeunes "qui doivent avoir confiance dans la stabilité à long terme du système de retraite et dans la promesse qui leur est faite en termes de pensions". Tout cela va donc globalement plutôt dans le sens de la potion imaginée par le gouvernement Michel, une potion on le sait jugée déjà plutôt amère côté syndical.

Fabien Van Eeckhaut

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