L'ISSeP repère des pesticides jusqu'en Fagnes

A l'origine des investigations, les nombreux cas de cancers repérés sur la commune de Fernelmont, près de Namur
A l'origine des investigations, les nombreux cas de cancers repérés sur la commune de Fernelmont, près de Namur - © JOHN THYS - BELGA

Un nombre anormalement élevé de cancers à Fernelmont, à deux pas d’une zone agricole où des pesticides sont employés, a poussé la Région wallonne à étudier de plus près l’effet de l’utilisation des produits phytos sur la santé. Ce mardi, l'ISSeP a fait le point sur les résultats de cette enquête. Elle appelle des développements.

Absolument partout

L’Institut Scientifique de Service Public a piloté les investigations en collaboration avec le Centre wallon de Recherches agronomiques et le CHU de Liège. Premier constat: les pesticides sont absolument partout. On en retrouve en ville, à la campagne et même au milieu de réserves naturelles a priori protégées comme la station du Mont Rigi (Waimes) éloignée de toute activité agricole.

Concentration

Partout mais pas dans les mêmes proportions! La Wallonie a été scannée au travers d’une douzaine de sites représentatifs: à la campagne, en ville, près de zones agricoles et industrielles ou dans des endroits préservés. Suzy Remy, responsable de la Cellule Environnement-Santé de l’ISSeP, a coordonné cette étude. Elle précise: "C’est bien sûr dans les zones de culture qu’on retrouve le plus de pesticides dans l’air ambiant, autant en concentration qu’en nombre et spécialement entre juin et août." Et on peut ajouter que si toutes les zones de culture sont impactées, les relevés montrent que les vergers le sont davantage encore.

Impact santé

Ce qui surprend, c’est qu’après avoir étudié les résidus dans les urines de 200 enfants de 9 à 12 ans, on ne voit guère de différences entre ceux qui résident dans les zones les plus et les moins exposées.

Deux explications sont avancées: d’abord que les outils scientifiques ne permettent pas d’identifier tous les pesticides ingérés en petite quantité surtout quand ils ont été "digérés" par l’organisme. L’autre piste, c’est que les pesticides présents dans les organismes proviennent également de sources tout aussi importantes que l’air respiré. L’ISSeP évoque l’alimentation, les produits de soin, etc.

La suite

Une deuxième étude est donc diligentée à la demande de Carlo Di Antonio. Elle concerne l’efficacité des mesures de protection prises autour des 740.000 ha de terres agricoles wallonnes. Le ministre a déjà imposé par exemple l’interdiction de pulvériser lorsque le vent dépasse les 20 km/h; il exige aussi un recul des épandages par rapport aux lieux qui accueillent des enfants. Mais ces mesures sont-elles efficaces? D’autres dispositions s’imposent-elles? C’est à une nouvelle étude de le dire: le Projet PROPULPPP devra mesurer l’exposition des populations aux pulvérisations et recommander des mesures de protection efficaces.

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