"Parti des musulmans", "bétail électoral": Zuhal Demir ne s'excuse pas mais décrète l'incident "clos"

La N-VA Zuhal Demir, a indiqué dimanche soir sur Twitter que, pour elle, "l'incident est clos" en ce qui concerne la controverse née à la suite de son entretien publié dimanche dans le journal De Zondag.

L'ex-députée N-VA devenue il y a quelques semaines secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté et à l'Egalité des chances en remplacement d'Elke Sleurs, y critiquait vivement le CD&V, pourtant partenaire de la N-VA au sein du gouvernement Michel, qualifiant les chrétiens-démocrates de nouveau "parti musulman", prêt à "tout" pour récolter des voix.

Selon l'élue nationaliste flamande, Wouter Beke, président du CD&V, considère d'ailleurs les musulmans de Belgique comme du "bétail électoral". Des propos que le principal intéressé a peu goûté. Il a indiqué le même jour au micro de la VRT qu'il estimait ces déclarations "inacceptables" et "dépassant les limites".

Et d'autres partis se sont empressés de condamner ces propos et de s'inquiéter de tels échanges entre partis de coalition. Le Premier ministre Charles Michel a lui-même rappelé la secrétaire d'Etat à l'ordre, via un appel téléphonique.

Le rôle de secrétaire d'Etat n'est pas celui d'un parlementaire

"J'accepte les critiques du Premier ministre", a finalement posté dans la soirée, peu après 23h00, Zuhal Demir. "Le rôle de secrétaire d'Etat n'est pas celui d'un parlementaire", admet-elle, semblant ainsi reconnaître que sa nouvelle fonction au sein du gouvernement appelle à davantage de diplomatie. "En ce qui me concerne, l'incident est clos".

Mais pas sûr que le fait que la Secrétaire d'Etat décrète la fin de la polémique suffise pour que le tumulte finisse effectivement. D'autant que si l'ancienne députée N-VA dit accepter les critiques du Premier, elle n'en a pas pour autant présenté d'excuses.

"Nous ne savons pas pourquoi nous devrions présenter des excuses", affirmait hier son porte-parole Luc Demullier. Pour ce dernier, les déclarations de Zuhal Demir ne représentent en aucun cas un problème pour la coalition gouvernementale. "Il ne s'agit pas d'une affaire du gouvernement. Il n'y a aucune discussion sur les dossiers fédéraux."

Le président du sp.a, John Crombez, a pour sa part qualifié lundi tant le Premier ministre Charles Michel  d'" andouille " pour ne pas avoir réussi à rappeler à l'ordre Zuhal Demir de manière satisfaisante à ses yeux. "L'insulte et la sémantique de Trump ne sont pas un modèle", a répondu Denis Ducarme à ce sujet.

Une stratégie d'extrême droite pour Eric Van Rompuy

Du côté du CD&V, le député fédéral Eric Van Rompuy dénonce l'escalade "d'extrême droite, trumpienne et populiste", mais sans pour autant vouloir entraîner la chute du gouvernement.

 

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