L'humusation, faire don de son corps pour nourrir la terre, n'est pas au point

L’humusation, faire don de son corps pour nourrir la terre, n’est pas au point
L’humusation, faire don de son corps pour nourrir la terre, n’est pas au point - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Mourir, confier son corps à la terre et participer ainsi à la régénération des sols est un concept qui a le vent en poupe. Cela s’appelle l’humusation. La Région wallonne a commandé il y a deux ans une étude pour éventuellement légiférer sur cette technique novatrice. Mais les conclusions sont décevantes.

Une étude de l’Université de Louvain

L’humusation est un processus contrôlé de transformation des corps humains par des micro-organismes, uniquement présents dans les premiers centimètres du sol. Ces micro-organismes, additionnés d’un compost de broyats de bois d’élagage, transforment, en 12 mois, les dépouilles mortelles en humus sain. L’étude, menée par le Professeur Philippe Baret, docteur en agronomie à UCL, et spécialiste en agroécologie, avait pour objectif d’investiguer scientifiquement le potentiel de l’humusation naturelle dans la gestion des dépouilles humaines.

Les 3 enjeux de l’humusation naturelle

Premièrement, l’inhumation dans des matériaux naturels, en contact avec le sol prend tout son sens dans l’idée d’un " Retour à la Terre ". Deuxièmement, la gestion des dépouilles devient productrice de compost. Troisièmement, améliorer l’aspect esthétique de l’humusation naturelle en buttes. L’étude a été réalisée sur des carcasses de porcs. Une expérimentation sur modèle animal est un prérequis pour une étude sur dépouille humaine et le porc présente des caractéristiques assez proches des humains.

Un processus de compostage limité

Au terme de chaque essai, l’exhumation a révélé des carcasses de porcs faiblement décomposées et des restes d’aspect blanchâtre et gras, résultat de la transformation des graisses en savons imputrescibles. L’analyse des sols sous les buttes d’humusation a révélé des quantités d’ammoniaque jusqu’à 57 fois plus élevées que dans l’échantillon de sol témoin. Les analyses effectuées n’ont pas mis en évidence d’autres polluants potentiels.

 


►►► À lire aussi Taxe sur la mort : mourir à Bruxelles, un luxe ?


Une conclusion décevante

L’humusation naturelle n’est pas une alternative viable aux modes de sépultures actuels tels que la crémation et l’inhumation traditionnelle, conclut l’étude de l’UCL. En effet, le compostage complet des dépouilles n’a pas été permis. Les quantités importantes d’ammoniaques dans les sols sous les buttes d’humusation, permettent d’affirmer qu’il y aurait un risque important de pollution de l’environnement par les nitrates dans les cours d’eau.

Source : La Fondation d’Utilité Publique "Métamorphose pour mourir, puis donner la vie ", humusation.org.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK