L'hopital de Gilly lance une nouvelle unité pour lutter contre l'alcoolisme

Lancée à la mi-janvier, l'Unité d'Alcoologie Intégrée de l’hôpital de Gilly regroupe différents services (psychiatriques et gastro-entérologiques) pour lutter plus efficacement contre les ravages de l'alcool. Elle peut accueillir jusqu'à quatre patients, pour des séjours très complets d'une semaine au maximum.

Plus fort pour mener à bien le sevrage

Thierry (nom d'emprunt), 51 ans, souffre d'alcoolisme depuis une trentaine d'années. Affaibli physiquement et psychologiquement, il a été l'un des premiers patients à se faire hospitaliser dans cette unité. " Quand on voit qu'on est complétement stupide et qu'on ne sert plus à rien, il faut une aide. J'ai commencé à en avoir marre et je me suis dis, "si tu continues comme ça, ce n'est pas possible". Sinon dans six ans, tu finis entre six planches" explique-t-il. Après son séjour d'une semaine , il a pu retrouver son domicile et tenter de reprendre une vie normale.

Cela fait aujourd'hui 13 jours qu'il n'a pas bu une goutte d'alcool. Grâce aux ateliers de paroles et aux échanges avec l'équipe médicale, Thierry se sent plus fort pour mener à bien son sevrage. "Maintenant, je peux vous regarder en face et vous dire que "je suis alcoolique". Avant, je ne l'aurais jamais fait". Le quinquagénaire envisage désormais l'avenir avec une confiance mêlée d'une crainte de rechute.

Ecoute et suivi médical poussé

Pour le docteur Joly, psychiatre et responsable de l'Unité d'Alcoologie Intégrée, la spécificité de l'établissement repose sur la "collaboration entre l'aspect plus médical, avec l'équipe de gastro-entérologues, et l'aspect plus psychodynamique. On a vraiment voulu combiner ces deux facettes au sein de l'unité, pour une prise en charge plus globale". Les séjours se déroulent selon des programmes très précis : réveil musculaire, groupe de paroles, groupe diététique ou groupe de prévention de la rechute. Les patients sont également minutieusement suivis, en particulier en ce qui concerne les lésions du foie, marques des ravages de l'alcool.

Même si l'alcoolisme est une maladie chronique, le docteur Joly souhaite qu'à la fin du séjour, les patients reprennent goût à la vie avec un sevrage "heureux".

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