Examen d'entrée en médecine: le gouvernement a mis l'avant-projet "en délibéré"

Le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS), ne le souhaitait pas au départ mais le gouvernement fédéral le réclamait : le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a examiné ce mercredi l'avant-projet de décret instaurant, dès la rentrée académique prochaine, un examen d'entrée pour accéder aux études de médecine et de dentisterie, et ce malgré les critiques des organisations étudiantes. Le texte décrétal a été présenté par le ministre Jean-Claude Marcourt devant le gouvernement, "mais le conseil des ministres a mis le dossier en délibéré le temps de régler des éléments techniques", a confirmé le porte-parole du ministre, sans livrer plus de détail.

Cet examen écrit sera organisé simultanément durant la première quinzaine de septembre et uniquement dans la première quinzaine de septembre dans chacune des cinq facultés de médecine de la Fédération : UCL, ULB, ULg, UNamur et UMons.

Le ministre Marcourt se dit obligé

Le ministre Jean-Claude Marcourt préférait un concours en fin de première année. Il s'est toujours opposé à cet écrémage préalable, mais "c'est le fédéral qui l'y oblige". "Nous vivons les contraintes de former moins de médecins alors que nous manquons de médecins. Cherchez l'erreur", dit le ministre à la RTBF.

"Le gouvernement fédéral a dit : 'Nous souhaitons, même plus nous exigeons un examen d'entrée en médecine et dentisterie et si vous ne le faites pas nous ne délivrerons pas le nombre d'attestations Inami nécessaires pour tous ceux qui sont en cours de cursus'. déclare Jean-Claude Marcourt à la RTBF. Or depuis le début, nous disons : 'Ca, c'est essentiel. Il faut que tous ceux qui ont entamé des études puissent un jour pratiquer la médecine. On ne va pas laisser les étudiants faire des études pendant 6 ou 7 ans et puis leur dire : 'Votre diplôme, mettez le à la poubelle et faites autre chose'."

Pour Françoise Bertieaux, cheffe du groupe MR au parlement de la Fédération invitée ce mercredi dans Matin Première sur la RTBF, il était temps. "C'est un soulagement de se dire que le ministre a compris que, dans l'intérêt des étudiants, cet examen d'entrée est indispensable".

Huit matières

Tous les candidats seront soumis à un seul et même questionnaire portant sur la maîtrise de huit matières : scientifiques bien sûr (maths, physique, chimie, bio) mais aussi anglais, communication, analyse critique et synthèse , de même que la connaissance de questions éthiques et sociales.

Pour réussir cet examen d'admission, les candidats devront obtenir au moins 10 sur 20 dans chacune des matières évaluées. Les questions et les modalités d'évaluation de l'examen seront élaborées par un jury composé d'au moins dix (anciens) professeurs de médecine.

Si l'organisation décentralisée de l'épreuve ne se révèle pas concluante, le gouvernement se réserve le droit d'organiser, dès la rentrée 2018, une épreuve centralisée dans un lieu unique, comme cela se fait déjà en Flandre. 

Numéros Inami: mise en conformité avec les exigences du fédéral

Le projet de décret examiné ce mercredi sera soumis au Conseil d'Etat qui devrait rendre son avis dans le mois.

Le projet de décret devrait logiquement amener la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, à décerner un numéro Inami à tous les étudiants francophones en dernière année qui attendent le précieux sésame.

Pour rappel, après l'invalidation cet été du concours organisé en fin de 1er bachelier par le Conseil d'Etat, la ministre avait conditionné tout déblocage de numéros Inami à l'adoption préalable par le gouvernement de la Fédération d'un examen d'entrée pour répondre au contingentement fédéral des praticiens.

Très tendu ces derniers mois, le dialogue entre le ministre francophone et Maggie De Block s'est, semble-t-il, quelque peu décrispé ces dernières semaines à mesure que l'examen francophone prenait forme. La ministre fédérale a notamment laissé entendre que le "lissage négatif" du nombre de futurs médecins francophones pourrait être moins drastique que ce qu'elle avait laissé entendre préalablement.

Attestations disponibles

Dépourvues bien longtemps de filtre efficace, les universités francophones ont en effet diplômé bien plus de médecins qu'il n'y avait d'attestations disponibles. La ministre fédérale a longtemps évoqué un excédent de quelque 3000 médecins francophones diplômés à résorber en l'espace de 7 ou 10 ans à peine.

En tenant compte des étudiants français (nombreux dans les universités francophones), elle a toutefois laissé entendre récemment qu'elle pourrait ramener ce chiffre à moins de 1500.

Dans un souci d'économies en soins de santé, le gouvernement fédéral a décidé il y a vingt ans de contingenter chaque année le nombre de nouveaux médecins. La Flandre s'y est directement adaptée en organisant un examen d'entre toujours d'application.

La Communauté française, plus réticente, a, elle, appliqué différents régimes de sélection en cours de parcours qui ont tous été invalidés, laissant ainsi entrer un grand nombre d'étudiants dans la filière médicale.

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