L'ex-prof de Bilal Hadfi: "C'est aussi un échec personnel"

L'ex-prof de Bilal Hadfi: "C'est aussi un échec personnel"
L'ex-prof de Bilal Hadfi: "C'est aussi un échec personnel" - © Tous droits réservés

Sara Stacino est professeur d'histoire. Si elle enseigne aujourd'hui à Anderlecht, elle a donné cours pendant plusieurs années à l'Instituut Anneessens Funck, dans le centre-ville de Bruxelles. Un établissement qu'a fréquenté l'un des kamikazes qui s'est fait exploser près du Stade de France, vendredi soir: Bilal Hadfi.

Aujourd'hui, elle témoigne au micro de nos collègues de la VRT. Elle se souvient d'un élève qui, en quelques mois, a basculé. "Il était très intéressé par la politique, plus que les autres élèves. C'était en fait intéressant d'avoir quelqu'un comme ça en classe, on avait des discussions très animées. Mais sa sympathie s'est transformée de plus en plus en idées extrémistes."

Selon elle, Bilal n'a petit à petit plus écouté de musique, il a ensuite affirmé que sa femme devrait se voiler pour ne pas être violée. En janvier, Sara Stacino a compris à quel point son élève était radicalisé. "Après les attaques de Charlie Hebdo, on a eu un cours très agité lors duquel il a presque monopolisé la parole. ll défendait les attaques, il disait que c'était normal, qu'il fallait que la liberté d'expression s'arrête. Que les insultes à la réligion s'arrêtent. Oui, à l'époque, ça m'a vraiment inquiété et je l'ai à nouveau signalé lors d'un conseil de classe et par écrit à la direction."

Mais selon elle, cela n'a rien changé. La direction aurait décidé de ne pas intervenir, pour éviter de stigmatiser le jeune élève. A cette heure, la direction de l'école n'est pas disponible pour répondre à ces accusations.

Quelques mois plus tard, les inquiétudes de l'enseignante vont malheureusement se révéler fondées. Aujourd'hui, elle vit cette attaque kamikaze comme un échec personnel : elle n'a pas réussi à détourner son élève de ses idées extrémistes. "Chacun est responsable de ses actes mais pour moi il est aussi la victime d'un véritable endoctrinement. Ca m'émeut beaucoup. Un jeune homme de 20 ans... sa vie aurait pu être tout à fait différente."

Bilal Hadfi était Français, il avait 20 ans. Il vivait à Neder-over-Heembeek (Bruxelles).

 

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