L'état du système carcéral belge une nouvelle fois mis en cause

L'état du système carcéral belge une nouvelle fois mis en cause
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L'état du système carcéral belge une nouvelle fois mis en cause - © Tous droits réservés

La section belge de l'observatoire international des prisons (OIP) a rendu public lundi sa notice 2009-2013 de l'état du système carcéral belge. Un rapport accablant, pointant plus de 80 problématiques, parmi lesquelles l'épineux problème de la surpopulation carcérale. L'administration pénitentiaire réagit.

"Actuellement, les prisons belges comptent quelque 12 000 détenus et leur nombre a augmenté de 7% en 2012. Au cours des trois dernières décennies, la capacité des prisons belges a augmenté de 50% mais on compte sur cette période 80% de détenus en plus. Les prisons sont surpeuplées et sont de plus en plus vétustes. Les prisons explosent, les détenus explosent", a souligné Juliette Moreau, présidente de la section belge de l'OIP, au cours d'une conférence de presse.

Alors que dans sa précédente notice, datant de 2008, l'observatoire dénonçait une "surpopulation galopante", des conditions de détention déplorables, le non-respect des normes d'hygiène et de santé élémentaires, la violence carcérale, les suicides, le traitement des internés, le détournement des normes législatives au profit d'une application "ultra sécuritaire" ou l'absence de service minimum en cas de grève, la section belge de l'OIP constate que la situation ne s'est nullement améliorée cinq ans plus tard. Au contraire, "de nouveaux problèmes sont apparus". "On en est arrivé à un tel point que la cour d'appel a qualifié la détention à Forest de traitement inhumain et dégradant au regard de la Convention européenne des droits de l'homme", constate Juliette Moreau.

L'observatoire ne voit guère de motif de satisfaction dans la politique carcérale menée par le gouvernement et singulièrement par sa ministre de la Justice. "La construction de nouvelles prisons pourrait être une bonne nouvelle en soi car l'on critique depuis des années la vétusté des établissements. Mais si cela ne s'accompagne pas d'un travail sur l'ensemble de la politique pénitentiaire, cela ne mènera à rien", conclut Juliette Moreau. L'OIP est une association dont l'objectif est de surveiller le respect des droits des personnes privées de liberté et de dénoncer publiquement les atteintes à ces droits.

"Il s'agit d'une prise de position"

"Il y a ceux qui restent sur le côté et qui crient et il y a ceux qui travaillent pour essayer de trouver des solutions. C'est le cas de la l'administration pénitentiaire et de la ministre de la Justice", réagit-on du côté de l'administration pénitentiaire, où l'on qualifie la notice de l'Observatoire des prisons, qui ne visite pas les prisons mais se base sur des témoignages, de "prise de position".

Concernant la surpopulation carcérale, l'administration souligne qu'après avoir atteint un sommet de 11.898 détenus, la population carcérale a connu un léger recul suivi d'une stabilisation ces derniers mois. "Nous sommes en train d'en analyser les causes, il faut voir si cela est structurel mais il est possible que certaines mesures prises ces derniers mois produisent leurs effets", explique Laurent Sempot, porte-parole de l'administration pénitentiaire.

Ce dernier rappelle en outre que la construction de nouvelles prisons permettra de créer 1.200 nouvelles places à l'horizon de l'été 2014.

Concernant la détention d'internés, l'administration souligne que la construction d'un centre de psychiatrie légale de 272 places à Gand permettra "la prise en charge non pénitentiaire des internés" et offrira "une solution partielle" à ce problème.

Enfin, si l'administration reconnaît le mauvais état de certains établissements, dont le plus emblématique est la prison de Forest, elle met aussi en avant la décision de fermer cette dernière prison une fois le nouvel établissement de Haren construit, à l'horizon 2017. "La prison de Forest n'est toutefois pas représentative de l'état des prisons en Belgique, comme ne sera pas représentative la nouvelle prison de Marche-en-Famenne".

"Nous connaissons nos difficultés. Elles sont identifiées par des organismes légitimes aux niveaux national et international. Des actions concrètes sont en train d'être mises en place pour résoudre les problèmes les plus délicats et trouver un début de solution", conclut le porte-parole de l'administration pénitentiaire.

 

 

Belga

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