L'envoi de F-16 belges au-dessus de l'Irak et de la Syrie approuvé avec les voix du Vlaams Belang

L’envoi de F-16 belges au-dessus de l’Irak et de la Syrie approuvé en commission
L’envoi de F-16 belges au-dessus de l’Irak et de la Syrie approuvé en commission - © MAXIME ASSELBERGHS - BELGA

Ils n’avaient pu aboutir la semaine dernière. Cette fois c’est fait. La commission de la Défense de la Chambre a approuvé ce mardi midi une proposition de résolution (de la majorité fédérale – le gouvernement préférant avoir le feu vert des députés pour s’engager à nouveau) qui soutient l’envoi de quatre F-16 en Jordanie dans le cadre de l’opération "Inherent Resolve" de lutte contre l’Etat islamique en Irak et dans le nord-est de la Syrie.

Le vote est intervenu après la convocation préalable, ce matin aussi, d’une Commission "spéciale chargée du Suivi des missions à l’étranger", où à huis clos les députés ont pu entendre davantage d’explications de la Défense sur les règles réelles d’engagement dans le cadre de cette future opération.

Et c’était attendu aussi, la Chambre s’est largement divisée sur la question. Pas sur la nécessité de lutter contre les fragments subsistants du groupe terroriste Etat islamique encore présents et en Irak et en Syrie. Mais plutôt sur la possibilité d’un engagement aérien belge justement en Syrie. Résultat lors du vote de ce matin : la N-VA (avec le député Théo Francken notamment, membre de la commission, Défense), le Vlaams Belang, le MR, l’Open Vld et le CD&V ont voté en faveur du retour des F-16 belges dans la région. Tandis que le PTB-PVDA, les écologistes (Ecolo-Groen) et les socialistes (PS et sp.a) ont voté contre, à l’exception d’André Flahaut (PS) qui a choisi de s’abstenir.

Coup de pouce de l’extrême-droite

Comptons les forces en présence en effet. Pas de majorité dans le groupe linguistique francophone lors du vote de ce jour. Les voix de l’extrême-droite étaient et seront nécessaires également en plénière pour un vote final sans doute déjà ce jeudi. Et si en plénière, Défi et cdH devraient soutenir le texte, la majorité fédérale "élargie" n’a en effet pas pu compter sur les voix vertes et rouges.

Ecologistes et socialistes, tout au long des débats des deux dernières semaines, s’ils reconnaissent la nécessité de lutter contre l’EI, dénoncent ici une opération militaire sans mandat clair de l’ONU, concernant la Syrie, et une violation du droit international, éléments déjà pointés en 2016 lors des premières frappes belges dans la région. Même si d’après les explications fournies par la Défense, le déploiement dans le ciel syrien resterait marginal. Les opposants invoquent un vide juridique pour le cas syrien où, contrairement à l’Irak, il n’y a pas eu d’appel du gouvernement local pour une action militaire contre une agression "extérieure" (et donc une sorte de recours à la "légitime défense").

Verts et rouges qui avancent aussi les changements du contexte international depuis lors : présidence Trump, effondrement de l’Etat islamique, ou encore l’appel au cessez-le-feu généralisé lancé par le secrétaire général de l’Onu dans le cadre de la pandémie de Covid-19…

Notons tout de même que le texte originel a été très largement amendé, notamment sur le plan de l’aide humanitaire à apporter aux populations, à l’action diplomatique à renforcer alors que la Belgique siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, mais également sur l’information à fournir au parlement et l’obligation de communiquer publiquement à propos du sort d’éventuelles victimes civiles après des frappes belges.

Troisième mission du même type

Les chasseurs-bombardiers belges et un détachement d’appui d’environ 95 militaires seront positionnés sur la base jordanienne d’al Azraq, comme c’était le cas lors des missions précédentes en 2014 et 2017. Cette mission-ci démarrerait en octobre et pour un an dans le cadre de la coalition internationale anti-Daesh. Coût estimé : 24 millions d’euros. Quatre militaires opéreront également au Qatar au centre de commandement américain installé au Qatar. Trois missions seront assignées aux chasseurs belges : la protection des troupes au sol – qui sera la plus importante, selon les explications de la Défense -, la reconnaissance et des attaques ciblées contre Daesh.

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