L'enquête sur le RER confiée à la Cour des Comptes

Vote majorité contre opposition, mais chacun se disant au final content, y compris la ministre de la Mobilité, la MR Jacqueline Galant, d'avoir un jour toute la lumière sur ce qui n'a pas bien "fonctionné" dans ce dossier
Vote majorité contre opposition, mais chacun se disant au final content, y compris la ministre de la Mobilité, la MR Jacqueline Galant, d'avoir un jour toute la lumière sur ce qui n'a pas bien "fonctionné" dans ce dossier - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Y verra-t-on un jour plus clair sur la manière dont a été dépensé l'argent dédié au RER, ce vaste chantier désormais surtout connu pour ses nombreux retards et son coût abyssal? C'est en tout cas la volonté unanime des députés fédéraux, qui, tout à l'heure, en commission Infrastructures de la Chambre, ont adopté une résolution visant à confier une mission d'enquête à la Cour des Comptes. Une résolution venue de l'opposition à laquelle la majorité a choisi de s'associer. A un article près.

Sur la table de la commission, se trouvait une résolution de l'opposition en effet, à savoir Ecolo-Groen - sp.a - PS et cdH. Pour confier à la Cour des comptes une enquête sur l"Établissement des causes ayant entraîné la faillite du fonds RER" - il ne reste que 105 millions d'euros en caisse - "et le retard considérable du chantier RER". Un chantier il est vrai imaginé dans les années 80-90 déjà, réellement commencé en 2006, mais désormais repoussé pour la fin, dans le meilleur des cas, à 2030.

Analyser les raisons des dépassements budgétaires

Le texte de l'opposition vise donc à charger la Cour, comme cela est autorisé dans la définition de ses missions de base, d'analyser les raisons des dépassements budgétaires, du non-respect des délais prévus, les méthodes de contrôle, de suivi et de planification (budgétaire et de chantier) mises en œuvre au fil du temps, mais aussi la coopération entre les différentes autorités et les différentes entités du groupe SNCB. Une enquête demandée la plus rapide possible après l'attribution officielle de la mission à la Cour des Comptes.

A l'unanimité, la majorité a soutenu le texte - après tout, interrogé sur la résolution, le Premier ministre Charles Michel s'y était dit favorable.

Mais il y avait un mais... A savoir le dernier article de la résolution de l'opposition qui fixait une ultime demande officielle, non plus à la Cour mais bien au gouvernement: de "tenir compte de l'enquête" dans les décisions concernant l'avenir pour finir le chantier.

Là, la majorité a préféré et imposé (par son nombre) une formule plus neutre: "demande au gouvernement d'étudier les résultats" de l'enquête de la Cour. Sans autre engagement.

Vote majorité contre opposition, mais chacun se disant au final content, y compris la ministre de la Mobilité, la MR Jacqueline Galant, d'avoir un jour toute la lumière sur ce qui n'a pas bien "fonctionné" dans ce dossier. Le texte sera soumis à l'ensemble de la Chambre jeudi prochain.

Un avenir plein d'interrogations

Ceci alors que, côté avenir, pas mal de questions se posent encore sur le financement même d'une relance enfin accélérée du projet RER, relance promise par Charles Michel lui-même, la Wallonie promettant d'engager 200 millions là, où il faudrait selon les estimations entre 800 millions et 1 milliard 3, en tenant compte de la clé de répartition des investissements propres à la SNCB 60/40 (60% pour la Flandre, 40% pour la Wallonie).

Là, la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant continue à dire: "Nous explorons vraiment toutes les sources de financements possibles pour finaliser l'ensemble du projet RER tel qu'il était prévu à l'initial dès la convention de 2003". Sources de financement qui serait un coup de pouce du fédéral, l'argent fourni (selon des modalités à définir) par la Région wallonne, par des partenariats public-privé ou encore des fonds d'aide européenne... Difficile en tout cas de voir ce qui pourrait être concrètement bouclé en 2016.

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