L’école maternelle fermée la semaine prochaine ? "Une décision sera prise aujourd’hui", selon Pierre-Yves Jeholet

Une mesure du comité de concertation de ce 24 mars, qui a resserré la vis suite à l’évolution défavorable de l’épidémie, fait particulièrement polémique : l’école est suspendue une semaine avant les vacances de Pâques… Excepté pour les maternelles. Une décision qui a fait bondir les syndicats enseignants, qui y voient une manière de considérer les maternelles comme des "garderies",

Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, était l’invité de Matin première ce jeudi, et il a admis que cette décision pouvait être remise en question, pointant du doigt la Région flamande, qui avait plaidé pour garder les maternelles ouvertes au comité de concertation, pour ensuite envoyer le message aux parents des enfants de maternelle de garder leurs enfants chez eux, via leur ministre de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA).

"Une décision, très claire, sera prise aujourd’hui" a confirmé Pierre-Yves Jeholet, alors qu’il mettra ce point sur la table de son gouvernement et qu’il rencontrera les acteurs de l’enseignement, avec la ministre Caroline Désir, ce jeudi.

"Un accord à la belge"

"Nous avons plaidé pour une fermeture de l’ensemble de l’école, y compris les maternelles. C’est un secret de polichinelle, la Flandre s’est opposée à ça, elle voulait même que les primaires restent ouvertes. C’est un accord à la belge, on peut le contester, mais au moins on a eu un accord global, et ça, c’est la réalité politique. "

Le volte-face de la Flandre passe donc mal du côté francophone. "C’est l’incompréhension totale de ma part. Quand j’explique à trois reprises [lors du comité de concertation] pourquoi il faut également fermer les maternelles au comité de concertation, que la Flandre s’y oppose et que le soir, le ministre de l’Éducation flamand dit aux parents des enfants d’école maternelle de ne pas mettre les enfants à l’école, je dois bien vous avouer que je ne comprends plus."

"Je veux régler le problème avec les maternelles"

"Je peux assumer toutes les mesures du comité de concertation, mais à partir du moment où une communauté met à mal une de ces mesures-là, que je n’ai pas défendue et que j’ai même plaidé et expliqué pourquoi il ne fallait pas la prendre, eh bien un moment tout le monde doit prendre ses responsabilités, et je vais les prendre."

"Je vais mettre le point au gouvernement ce jeudi à 8h30, et à midi nous rencontrons avec la ministre de l’Education les acteurs de l’école. Et je veux régler le problème avec les maternelles."

Et de confirmer : “Il se peut” que les classes maternelles soient au final fermées lundi, car la décision suscite encore débat, même entre les ministres. Et d’assurer qu’un système de garderie sera mis en place.

Cacophonie et humilité politique

"Je rappelle qu’au comité de concertation, si une communauté n’est pas d’accord, il n’y a pas d’accord, et donc aucune décision n’est prise." Concernant la mesure de fermeture des classes, "cette cacophonie est due de la part du ministre de l’Éducation, qui voulait tellement maintenir les écoles ouvertes, et au final le soir dit aux parents de garder leurs enfants chez eux. Ça, ça ne va pas. Et donc à un moment donné, chaque gouvernement prendra ses responsabilités."

Face à cette impression de cacophonie politique, le ministre-président appelle à l’humilité. "On fait ce que l’on peut, en fonction de l’évolution de la crise, du virus, des variants", face aux nombreuses critiques, notamment du parti de Pierre-Yves Jeholet, le MR.

"Toute la difficulté du comité de concertation, c’est cet équilibre que l’on doit avoir avec la situation sanitaire, la pression dans les hôpitaux, le maintien d’une économie la plus dense possible, l’éducation qui est toujours une priorité, et la vie sociale et affective. Et force est de constater qu’on a toujours tenté d’avoir les mesures les plus équilibrées possible."

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