L'auteur de l'étude sur les OGM veut l'interdiction du maïs Monsanto

Gilles-Eric Seralini et Corinne Lepage lors de la conférence de presse de ce jeudi 20 septembre 2012.
Gilles-Eric Seralini et Corinne Lepage lors de la conférence de presse de ce jeudi 20 septembre 2012. - © AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

L'auteur de l'étude sur la dangerosité des OGM, et notamment sur le maïs transgénique NK 603 et l'herbicide Round Up, Gilles-Eric Séralini, a appelé jeudi l'Union européenne à interdire "immédiatement" l'importation de ce maïs fabriqué par Monsanto. Il a également réclamé une "réévaluation rapide" de tous les OGM et pesticides actuellement autorisés en Europe.

Alors qu'il donnait une conférence de presse jeudi au Parlement européen à Bruxelles, le chercheur a critiqué l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) pour son "laxisme évident et très grave". Ces deux dernières années, l'EFSA a autorisé la culture de deux OGM en Europe (le maïs MON 810 et la pomme de terre Amfloraet) et a accepté l'importation d'une dizaine d'autres sur le continent.

Pour Gilles-Eric Séralini, qui se fonde sur les résultats de son étude sur le NK603 et le Round Up, l'Union européenne a le devoir de faire évaluer de manière réellement indépendante des producteurs les effets toxicologiques des OGM et des pesticides pendant deux ans. Actuellement, cette évaluation dure 90 jours seulement.

"Les OGM ont une toxicité chronique sur le long terme", a prévenu le scientifique. C'est l'eurodéputée française et ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage qui l'avait invité à s'exprimer.

Publiée par la la revue scientifique Food and Chemical Toxicology, l'étude révèle que des rats nourris avec du maïs NK 603 ainsi qu'avec du maïs non-OGM traité au Round Up mouraient nettement plus vite que leurs congénères. Ils développaient en outre des tumeurs aux reins, au foie ainsi qu'aux mamelles.

D'après Gilles-Eric Séralini, à la fois le NK 603 et le Round Up entravent la production d'acide férulique et caféique. Or ces deux substances protègent précisément les différents organes touchés.

L'étude du scientifique a dû faire face à plusieurs critiques, notamment un prétendu faible échantillonnage.

"Nous avons fait mieux (comme échantillon, ndlr) que ce que l'industrie a jamais fait", a répondu le chercheur. Il a ajouté qu'il s'apprêtait à publier une autre étude qui révélerait présence de Round Up dans le cerveau des animaux.

Les politiques réagissent

L'étude consacrée aux OGM a provoqué de nombreuses réactions politiques en Belgique, notamment dans le sud du pays.

La Flandre et la Wallonie divergent sur le sujet des organismes génétiquement modifiés. Le Nord du pays y est plutôt favorable quand le sud s'y oppose.

C'est d'ailleurs à cause de ce désaccord que la Belgique a plusieurs fois dû s'abstenir lors des discussions entre ministres européens sur ce sujet controversé.

Pour le PS, Ecolo et le cdH, l'Europe doit durcir l'évaluation sanitaires des organismes transgéniques, après l'étude publiée hier dans le journal Le Nouvel Observateur.

Les partis ont également annoncé être en faveur de l'instauration d'un étiquetage spécifique pour les produits alimentaires issus d'animaux nourris aux OGM.

Pour le PS, il faut désormais imposer un moratoire sur l'importation et la mise en culture du NK 603 en Europe. En plus de ce moratoire, le cdH et Ecolo demandent que les autorisations des deux OGM cultivés de manière commerciale en Europe soient suspendues.

Les écologistes vont encore plus loin et exigent la suspension des autorisations d'importation de maïs et de soja transgénique en Europe. Ils réclament également "l'arrêt immédiat" des essais scientifiques d'OGM en Belgique.

Belga

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