L'arrivée d'Alda Greoli suscite quelques remous au Parlement de la Fédération

Alda Greoli comme nouvelle ministre de la Culture et de l'Enfance
Alda Greoli comme nouvelle ministre de la Culture et de l'Enfance - © DIRK WAEM - BELGA

L'arrivée lundi d'Alda Greoli comme nouvelle ministre de la Culture et de l'Enfance suscite déjà quelques remous au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En cause: la volonté prêtée à la nouvelle ministre de déplacer la tenue de la commission Culture et Enfance, organisée depuis le début de la législature le jeudi matin, vers le lundi après-midi, voire le mardi matin, journées pourtant déjà chargées.

L'idée pourrait relever d'une simple question d'organisation interne au Parlement. Mais elle a tout de suite pris une dimension politique vu les tensions entre régionalistes et défenseurs de la Fédération.

Ces derniers ont tous en tête les récents propos du président du Parlement wallon, André Antoine, ne cachant pas sa volonté de récupérer du temps de travail parlementaire à Bruxelles au bénéfice des députés wallons à Namur qui, depuis la 6e réforme de l'État, se sont vu attribuer de nouvelles compétences, et donc plus de travail.

La Bruxelloise Françoise Bertieaux, cheffe du groupe MR au Parlement de la Fédération, ne veut toutefois pas entendre parler de ce déménagement. Elle soupçonne même Alda Greoli, ancienne cheffe de cabinet du ministre wallon Maxime Prevot, de connivence avec André Antoine.

De plus, rassembler les sept commissions du Parlement sur trois jours au lieu de quatre poserait, selon elle, d'énormes problèmes aux députés, obligés de sauter d'une commission à l'autre pour poser leurs questions aux ministres ou participer aux débats qui les intéressent.

"C'est déjà comme ça un véritable marathon pour les députés aujourd'hui! ".

Pour Christos Doulkeridis non plus, chef de groupe Ecolo, ce déplacement de la commission Culture et Enfance n'est pas désirable.

La proposition, bien réelle, a d'ailleurs fait l'objet d'un débat lundi midi en conférence des présidents.

Mais vu les réactions négatives de certains, le débat a été renvoyé à jeudi matin, à l'occasion de la commission Culture et Enfance où Alda Greoli sera présente. Son président, Philippe Knaepen (MR), également opposé à tout déménagement, s'attend à un débat animé.

Dans le groupe cdH, on réfute toutefois vouloir bouleverser l'équilibre parlementaire actuel entre Bruxelles et Namur, ni le principe d'alternance. Si le jeudi devait se libérer de sa commission Culture-Enfance, cette journée resterait toutefois pleinement consacrée à des travaux du Parlement de la Fédération, y assure-t-on.

Interrogé mercredi en marge de la séance plénière, le président de l'assemblée, Philippe Courard (PS), qui le mois dernier assurait ne pas vouloir voir son institution devenir un "parlement croupion", s'en remet à la décision de la commission Culture de ce jeudi matin.

"La décision qui sera prise jeudi par la commission Culture sera entérinée par la conférence des présidents", promet-il.

A titre personnel, Philippe Courard dit toutefois défendre le maintien de l'étalement des travaux tel qu'organisé aujourd'hui, notamment pour faciliter le travail des services du compte-rendu des travaux, a-t-il souligné.

Pour mémoire, le Parlement de la Fédération et le Parlement de Wallonie siègent en alternance une semaine sur deux, le premier à Bruxelles, le second à Namur.

La polémique survient dans la foulée d'une autre, à savoir la réduction de la présence de ministres bruxellois dans le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Bruxelloise Joëlle Milquet ayant été remplacées par deux ministres wallonnes.

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