L'armée belge a investi 30 millions dans la modernisation de véhicules blindés devenus inutilisables

Environ 44 véhicules blindés de la Défense qui sont en cours de modernisation ne peuvent plus être utilisés en toute sécurité, révèlent des documents internes de la Défense que des journalistes de la VRT ont pu consulter. Parmi les anomalies constatées, des difficultés de freinage ou de direction dans les véhicules blindés modifiés. La Défense reconnaît les problèmes, mais affirme que les changements actuels ne sont pas définitifs.

En 1996, la Défense a acheté divers véhicules blindés de type Pandur utilisés pour le commandement, le service médical ou la reconnaissance. Après plus de 20 ans de service, ces véhicules Midlife Update (MLU), réalisés par le constructeur suisse Mowag, devaient être rénovés et adaptés en profondeur. Blindage et air conditionné font partie des modifications qui étaient nécessaires pour pouvoir continuer à utiliser les véhicules en toute sécurité lors des missions à l'étranger.

Le hic, c'est que ces modernisations réduisent l'habitacle du véhicule blindé. Un groupe test a constaté que les modifications entraînaient "un risque très élevé (à l'usage)" et rendaient la vie à bord très inconfortable. Les membres de ce groupe ont des difficultés à appuyer sur les pédales et à s'introduire dans le véhicule ou à en sortir.

La conclusion de ce groupe est claire: les véhicules ne sont pas opérationnels et peu pratiques. L'une solution serait de sélectionner uniquement des militaires chauffeurs et tireurs de moins d'1m70. La Défense examine la situation avec le constructeur suisse. Les véhicules devaient être exploités en 2021 au Mali, mais une telle échéance semble aujourd'hui irréalisable. Ces véhicules blindés Pandur ne sont pas attendus avant 2022.

Dépense inutile de 30 millions d'euros 

Ecolo réagit avec indignation à l'information. Julie Chanson, membre Ecolo de la Commission de la Défense, explique : "Manifestement, cette décision du Ministre de la Défense de l’époque, Steven Vandeput (N-VA), de moderniser le Pandur plutôt, par exemple, de le remplacer par d’autres véhicules de reconnaissance, était une ineptie. Elle a conduit à une dépense inutile de 30 millions d’euros. A l’heure où les dépenses publiques sont compressées et où la Défense se plaint d’un manque d’investissement, il importe pourtant que chaque dépense soit bien pensée, plutôt que de voir l’argent jeté par les fenêtres !"

Contactée par la RTBF, la Défense ne tient pas à réagir pour l’instant: "Nous souhaitons d’abord informer les parlementaires avant de communiquer vers la presse."

Journal télévisé du 18/12/2019

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