L’Agence spatiale européenne lance un appel, notamment aux femmes: la Belgique est "le plus grand des petits pays de l’espace"

Ce n’était plus arrivé depuis onze ans : l’Agence spatiale européenne (ESA) recrute des astronautes.

La campagne est lancée dans tous les Etats membres y compris en Belgique. Pas besoin d’être un pur physicien pour envoyer son CV, l’Agence recherche de multiples profils et… encourage les femmes à postuler.

Faire entrer le secteur spatial européen dans l’égalité des genres, ce n’est pas avoir la tête dans les étoiles…

Des profils diversifiés

L’ESA recherche des médecins, des ingénieurs, des scientifiques intéressés par l’espace ayant au moins trois ans d’expérience et "passionnés par un métier opérationnel", déclarait ce lundi l’astronaute et responsable du Centre d’entraînement des astronautes européens, Frank De Winne.

Et le Belge qui s’était envolé en 2009 vers la Station spatiale européenne à bord d’une fusée Soyouz poursuit : "C’est un métier opérationnel car les astronautes font des expériences scientifiques au profit de nos universités et des scientifiques partout dans le monde."

L’astronaute renchérit : "On cherche profils hypervariés. Les astronautes sont des personnes polyvalentes, en bonne santé, qui savent travailler en équipe. Elles doivent pouvoir prendre le leadership quand c’est nécessaire mais aussi exécuter des ordres, notamment des équipes sur Terre. On cherche des gens qui s’intéressent à la science, à l’ingénierie ou à la médecine".


►►► A lire aussi : Il y a 60 ans, Youri Gagarine et le 1er vol habité dans l'espace


 

L’agence veut renforcer la diversité des genres

Dans sa campagne de recrutement qui prendra fin le 28 mai prochain, l’ESA insiste sur les candidatures féminines. Pour le secrétaire d’Etat fédéral à la politique scientifique Thomas Dermine, "L’espace est la nouvelle frontière. Il a une capacité à nous faire rêver dans le futur, à valoriser les sciences et on sait que trop peu de femmes se trouvent dans filières scientifiques. Il n’y a aucune raison à ça."

Lors de la campagne de recrutement de 2009, l’année où Frank De Winne a rejoint l’ISS, 10.000 personnes avaient postulé à l’ESA. L’Agence européenne s’attend à un nombre bien plus élevé ce printemps, notamment parce que l’espace est à nouveau sur le devant de la scène, avec des projets comme celui d’Elon Musk et de SpaceX d’envoyer les premiers touristes dans l’espace fin 2021, voire le retour sur la Lune programmé par la Nasa, l’Agence spatiale américaine. Et c’est sans compter sur le programme spatial chinois ou plus largement ce qu’on appelle le "New Space".


►►► Pour compléter  : 2021, l'année de l'espace où la Chine veut prendre sa place


 

La Belgique, le "plus grand des petits pays de l’espace"

"On ne le sait pas mais la Belgique est 'le plus grand des petits pays de l’espace'. Notre pays est l’un des membres fondateurs de l’ESA et notre industrie spatiale compte parmi les plus compétitives en Europe avec près de 100 entreprises qui construisent des parties de fusées ou de satellites, (principalement à Bruxelles et en Wallonie)", poursuit le secrétaire d’Etat Thomas Dermine.

"Le gouvernement fédéral a augmenté de 20% sa contribution à l’ESA et il s’est engagé à ne jamais remettre en cause ce budget. Ce budget nous sert à développer notre industrie mais aussi à nourrir l’excellence belge en matière spatiale." Le gouvernement De Croo procède d’ailleurs à un virage à 180 degrés par rapport au gouvernement précédent. Aujourd’hui, l’objectif est de maintenir la politique spatiale dans le giron fédéral, pour avoir "plus de poids à la table de l’ESA".

L’espace, un investissement

Avec le programme spatial européen, le gouvernement mise sur des retombées économiques. Pour Frank De Winne, "L’espace, ce n’est pas un coût mais un investissement dans des jobs de haute qualité." Plusieurs projets de recherche spatiale ont d’ailleurs été retenus dans le plan de relance pour lequel l’Union européenne dégagera en tout 6 milliards d’euros à destination de la Belgique.

L'astronaute Frank De Winne et le secrétaire d'Etat Thomas Dermine,

interrogés par Thomas Gadisseux sur la Première

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK