"L'AFSCA n'a jamais sollicité d'intervention urgente de la justice" dans le dossier Veviba

"L'AFSCA n'a jamais sollicité d'intervention urgente" dans le dossier Veviba, selon le parquet
"L'AFSCA n'a jamais sollicité d'intervention urgente" dans le dossier Veviba, selon le parquet - © Tous droits réservés

L'Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA) n'a jamais fait valoir auprès du magistrat instructeur dans l'affaire Veviba la nécessité d'intervenir pour prévenir des risques de santé publique, selon une communication du Parquet général de Liège citée mercredi en commission de la Chambre par le ministre de la Justice, Koen Geens.

"Bien que l'agence était au courant depuis le début de la mise à l'instruction de l'affaire, elle ne s'est jamais manifestée auprès du magistrat instructeur pour faire valoir la nécessité d'une intervention urgente", selon le Parquet général.

Entendu lundi au parlement, le patron de l'AFSCA, Herman Diricks, avait indiqué que l'agence entendait collaborer au plus près avec le Parquet bien qu'"il serait ennuyeux pour elle d'entamer une enquête parallèle à une instruction judiciaire".

Le Parquet général souligne "l'expertise particulière" de l'AFSCA en matière de détection des risques pour la santé publique. "Il semble qu'à aucun moment l'agence n'a cru devoir réaliser un contrôle approfondi dans les installations de Bastogne sur la base de ses compétences administratives".

L'AFSCA aurait pu intensifier ses contrôles

Koen Geens répondait aux questions des députés de la Commission Justice, qui s’interrogeaient sur le temps qu’il a fallu à la justice pour intervenir et perquisitionner dans l’entreprise de transformation de la viande VEVIBA, à Bastogne.

Pour mémoire, l’affaire a démarré au Kosovo en octobre 2016 après une plainte pour falsification des étiquettes de péremptions sur une cargaison de viande en provenance de VEVIBA.  Des perquisitions de la justice et de l’Afsca ont eu lieu dans les installations de VEVIBA en février et mars 2018. Elles ont révélé toutes une série d’irrégularités réglementaires mais aussi des infractions d’ordre sanitaire. Les députés s’interrogeaient également sur pourquoi il avait fallu ces perquisitions pour que l’on découvre des infractions potentiellement dangereuses pour la santé humaine.  

Koen Geens, a relaté le fil de l’enquête sur ce qui apparaissait pour le parquet de Neufchateau comme  une fraude aux règlements, pas une fraude sanitaire. Le ministre qui a rappelé aussi que si l’Afsca avait une quelconque suspicion de danger sanitaire, elle disposait d’une marge de manœuvre pour intensifier ses contrôles.

Voilà qui contredit certains arguments de défense avancé par l’Agence, qui depuis le début du scandale VEVIBA, explique que si elle n’a pas procédé à plus de contrôles dans l’entreprise bastognarde, c’était parce qu’il n’y avait à son sens aucun problème de santé publique et qu’elle ne pouvait de toute façon pas interférer dans l’instruction judiciaire en cours.

Le ministre de l’Agriculture doit recevoir demain jeudi  le rapport de l’Afsca sur les contrôles effectués depuis 2001 par l’Agence chez VEVIBA. La commission santé se réunira ensuite lundi matin.
 

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