L'affaire Milquet, "c'est presque le procès du fonctionnement politique" selon Maxime Prévot

Maxime Prévot, vice-président du gouvernement wallon
Maxime Prévot, vice-président du gouvernement wallon - © BRUNO FAHY - BELGA

La démission annoncée lundi de la ministre de l’Éducation Joëlle Milquet ne signifie pas la fin de sa carrière politique, estime le vice-président du gouvernement wallon Maxime Prévot (cdH), interrogé par la RTBF: "Elle a beaucoup de ressources et encore beaucoup de talent et d'énergie a pouvoir mettre au service de la collectivité".

Il tient à rappeler que "c'est tout à fait légitime qu'un ministre puisse engager les collaborateurs avec qui il entretient un lien de confiance. Le problème c'est qu'on est ici en train de vouloir faire un parallèle qui n'est pas d'application entre la fonction publique et un cabinet ministériel, alors que les collaborateurs ne sont pas des fonctionnaires. C'est presque le procès du fonctionnement politique qui est réalisé. Et cela pose problème sur le plan démocratique dans la reconnaissance de la spécificité de fonctionnement de ce qu'est aussi une démarche politique. On a presque le sentiment de reprocher à un cabinet ministériel de faire de la politique. Je pense que Joëlle Milquet a tous les arguments pour pouvoir faire la démonstration qu'on lui fait un mauvais procès parce que les personnes qu'elle a recrutées ne l'ont pas été pour servir sa cause personnelle".

"En mode campagne"

"Je n'impose pas à toutes les personnes qui travaillent pour mon cabinet d'avoir leur carte cdH, mais il ne faut pas s'étonner qu'il y en a beaucoup qui sont militants cdH. Je ne vais pas aller recruter comme chef de cabinet des gens du MR, ou avoir plein de camarades socialistes pour mener la politique cdH" poursuit Maxime Prévot.

Pour lui, il est normal que les employés de cabinet "aient la faculté de pouvoir mener campagne. Mais il est évident que s'ils se mettent en mode campagne, ils doivent le faire sur leurs congés légaux et pas pendant les heures de travail. Il y a une sorte de parfum de soupçon où le juge semble dire qu'il y avait tellement de choses à faire que l'on peut s'interroger quant à savoir si cela a pu se faire exclusivement sur le temps des jours légaux. Chacun fait ce qu'il veut pendant ses congés".

Qui succèdera à Joëlle Milquet?

Dans le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet était en charge de l'éducation, de la culture et de la petite enfance: "C'étaient des compétences très stratégiques, très importantes mais aussi très lourdes que tout le monde n'a pas la capacité de porter dans son sac à dos. Joëlle Milquet, avec le tempérament qu'on lui connaît, avait cette faculté. La remplacer en prenant juste X et en remplaçant par Y, cela ne va probablement pas être simple. Il n'est pas exclu que ce méga-portefeuille puisse être réparti sur deux ministres cdH". C'est à Benoît Lutgen, président du cdH, qu'il revient de décider, rappelle Maxime Prévot.

Quand la succession sera-t-elle annoncée? "Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Parfois il vaut mieux attendre un peu plus de temps et avoir 'the right man (or woman) at the right place'. Ce sera de toute manière cette semaine".

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