L'AfD arrive au Bundestag: Reynders appelle à une "réforme fondamentale du projet européen"

Didier Reynders
Didier Reynders - © RTBF

L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) est devenue dimanche la troisième force politique allemande, avec 13,1% des voix et la gauche radicale Die Linke obtient 8,9%. Pour le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR), "l'alarme est là. On a vu pousser les extrêmes dans plusieurs pays". Il compare les résultats des élections allemandes avec ce qui s'est passé aux Pays-Bas et en France. "S'il n'y a pas de vraies réformes en Europe rapidement, si on n'apporte pas des réponses concrètes en matière économique, sociale, de migration, de défense et de politique étrangère, on risque de voir encore lors des prochaines élections monter les extrêmes à gauche comme à droite."

La poussée du parti d'extrême droite AfD est "probablement une réaction" à la politique d'Angela Merkel en matière de migration, "mais c'est probablement aussi dû au sentiment qu'on a qu'un certain nombre de problèmes ne se règlent pas: une politique sociale dans l'Union européenne, une politique économique plus forte dans la zone euro. Ce sont des choses qui n'apparaissent pas très clairement aujourd'hui" regrette Didier Reynders.

Un choc historique salutaire?

"Attendons de voir quelle sera la coalition qui émergera en Allemagne" poursuit-il, "mais que ce soient les libéraux allemands, les Verts allemands, les sociaux-démocrates ou la chancelière Angela Merkel, il faut qu'en Allemagne aussi on se rende compte que, sans réforme fondamentale du projet européen, il y aura toujours un risque de voir les extrêmes progresser. Je pense que le choc historique de l'arrivée de l'extrême droite au parlement allemand peut être salutaire dans le développement d'une culture européenne nouvelle".

En Belgique aussi, on assiste à des percées des extrêmes, avec le Vlaams Belang en Flandre, poursuit Didier Reynders: "Je crois qu'on a la capacité de répondre aux préoccupations qui font le terreau de l'extrême droite. Je reste aussi inquiet de voir une extrême gauche particulièrement forte en Wallonie".

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