L'accusateur de Didier Reynders sort de l'anonymat, sans apporter de preuve à la presse pour le moment

Samedi dernier, le Parquet de Bruxelles nous confirmait avoir ouvert une information judiciaire sur le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders. Aujourd’hui, son accusateur révèle publiquement son identité, sans pour autant apporter de preuve.

Nicolas Ullens de Schooten a travaillé durant onze années à la Sureté de l’État, jusqu’au 1er mars 2018. En avril dernier, il s’est rendu à la police judiciaire fédérale pour lui communiquer une série d’allégations de corruption et de blanchiment à son encontre.

Aucune preuve

Les premières interrogations lui sont venues lorsqu’il travaillait à la section économique de la Sûreté de l’État sur un dossier relatif au déménagement de la Police Fédérale, révélé dans la presse en 2012. "J’y ai travaillé en 2011. J’ai averti les pouvoirs publics, et rien n’a été fait. C’est le premier dossier dans lequel je suis tombé sur Monsieur Reynders et Monsieur Fontinoy, raconte-t-il. Je suis ensuite tombé sur le Kazakhgate, avec les mêmes personnes. Ensuite, sur les agissements des services de renseignement russes. On m’a finalement muté à la section en charge de l’extrémisme et du radicalisme, je me suis intéressé à la Libye et je suis de nouveau tombé sur la même équipe", énumère-t-il.

Pourtant, après une heure et demie d’explications devant la presse invitée pour l’occasion, force est de constater qu’aucune preuve tangible ne peut être avancée pour l’instant. "J’en suis conscient", affirme Nicolas Ullens de Schooten, préférant parler de "faisceau de présomptions". Il précise en outre n’avoir rien de personnel à l’encontre du futur commissaire européen en charge de la Justice.

"Je pense qu’il faut que la justice fasse son travail au plus vite pour fermer des portes le cas échéant, indique son avocat, Me Alexis Deswaef. Si des portes venaient à s’ouvrir, il faudra poursuivre l’enquête jusqu’à son terme." Ce dernier confirme lui aussi l’absence de toute preuve. "C’est à la justice de faire son travail et d’avancer", répète-t-il.

La Sûreté de l’État et l’avocat de Didier Reynders réagissent

Me Didier Matray, conseil de Didier Reynders, reste formel : "J’ai pris contact avec les autorités judiciaires. Aucun élément nouveau n’a été porté à ma connaissance depuis samedi, rappelle-t-il. J’espère que toute la clarté sera faite le plus rapidement possible. Il est manifeste que l’auteur des accusations est animé par une volonté de nuire", a-t-il ajouté.

La porte-parole de la Sûreté de l’État, Ingrid Van Daele, se montre quant à elle plus réservée. "Nous regrettons que les déclarations d’un ex-collaborateur […] nuisent à notre service ainsi qu’aux personnes concernées par le dossier. Nous espérons que l’information judiciaire fera vite la lumière sur la véracité de ces déclarations. Nous sommes prêts à collaborer à cette enquête", a-t-elle annoncé au travers d’un communiqué.

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