L'accord médico-mutualiste est dans l'impasse

C'est l'impasse dans la négociation médico-mut
C'est l'impasse dans la négociation médico-mut - © Archive RTBF

La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Laurette Onkelinx, et les représentants de l'Absym n'ont pas réussi à accorder leurs violons lundi soir, le principal syndicat de médecins persistant à ne pas vouloir négocier le prochain accord médico-mutualiste au motif que la ministre entend imposer par la loi l'élargissement du tiers payant social et, conformément à l'accord de gouvernement, interdire les suppléments d'honoraires dans les chambres à deux lits au moins, dans les hôpitaux.

La ministre qui a vu lundi, séparément, les acteurs de la médico-mut leur a fixés un rendez-vous, ensemble ce mardi à 9h30. Mais l'Absym n'entend pas y participer. "C'est l'impasse. On ne négocie pas dans ces conditions. On n'y croit pas et on n'a pas l'intention d'aller demain matin car on ne voit pas ce que cela pourrait changer", a indiqué Roland Lemye, vice-président de l'Absym.

L'accord médico-mut est censé apporter la sécurité tarifaire au patient, les médecins y souscrivant bénéficiant d'une intervention de l'Inami dans le statut social. La médico-mut réunit le Cartel et ses différentes composantes syndicales (représentant essentiellement des généralistes) et les mutualités - qui tous acceptent de s'asseoir à la table des négociations tout en faisant valoir des points d'attention - ainsi que l'Absym.

Très attaché à la médecine libérale, l'Absym reproche notamment à Laurette Onkelinx de ne plus vouloir tolérer les suppléments d'honoraires que dans les seules chambres hospitalières individuelles, un projet défendu par la majorité dans l'accord de gouvernement même si le MR a fait savoir dernièrement qu'il souhaitait le voir retouché. Les derniers baromètres hospitaliers ont montré que les factures hospitalières les plus élevées étaient dues dans les établissements pratiquant les suppléments d'honoraires, dont la moitié dans les cliniques du CHIREC du docteur Jacques de Toeuf, vice-président de l'Absym.

"La ministre nous a fait comprendre que le parlement, c'est le parlement, et la médico-mut, c'est la médico-mut. Elle assure disposer d'une large majorité parlementaire derrière son projet et dans une menace à peine voilée, a même laissé entendre qu'elle pourrait agir également sur les chambres individuelles. Elle nous a proposé de nous revoir demain matin mais il n'y a aucune ouverture. Nous avons l'impression qu'elle souhaite réunir la médico-mut à son cabinet. Pour nous, c'est non. Hors de question de se revoir sans concessions et sans avoir consulté notre Conseil d'administration", a dit Roland Lemye.

Amender

La ministre n'exclut pour sa part pas la possibilité, avec l'accord des parlementaires, d'amender les dispositions du projet relatives au tiers payant social. Le Cartel a notamment des inquiétudes sur le délai, sachant que son application nécessite des flux informatiques au point, faute de quoi le médecin risquerait un rejet a posteriori du remboursement. Il s'interroge également sur le public visé par le mécanisme. Par ailleurs, il souhaiterait obtenir un financement collectif pour des postes de garde.

Laurette Onkelinx aura mardi midi une réunion avec les représentants de la majorité afin de leur faire état de la situation et du contexte général.

En revanche, en ce qui concerne l'interdiction des suppléments d'hôpitaux, qui ne semblent heurter que l'Absym (syndicat largement majoritaire chez les spécialistes), aucun compromis n'apparaît possible.

La ministre, qui ne participe pas à la médico-mut mais qui tente de rendre possibles les conditions de sa réunion afin de protéger les patients, espère que chaque acteur sera présent mardi matin pour une réunion plénière qualifiée d'"informelle".

Belga

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