Kristof Calvo (Groen): "Est-ce qu'on a encore un Premier ministre ou pas?"

Le député fédéral Kristof Calvo (Groen), chef de file de l'opposition écologiste flamande, s'est montré très remonté ce jeudi dans Matin Première vis-à-vis du Premier ministre Charles Michel (MR). 

Réagissant à l'affaire Francken sur les Soudanais, le Vert flamand estime que si "la question de la démission se pose, c'est surtout au Premier ministre de se poser la question". Et d'ajouter : "La question aujourd'hui est : 'Est-ce qu'on a encore un Premier ministre ou pas
dans la question soudanaise, mais aussi, par exemple, sur le dossier nucléaire ? Depuis trois semaines on demande qu'il vienne s'expliquer au Parlement et il refuse...Aujourd'hui, le débat (au parlement, ndlr) va être vif !
".

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Pacte nucléaire : "La N-VA fait le lobbying pour une multinationale française"

Kristof Calvo est également revenu sur les déclarations du président de la N-VA pendant les vacances de Noël et selon lesquelles le pacte énergétique n'existe plus. 

"Ces derniers temps, on a un peu l'impression que Charles Michel est devenu le secrétaire du programme de la N-VA. Ce qui n'est ni une bonne chose pour le MR ni pour le pays", a-t-il déclaré.

Le problème n'est pas seulement la fermeture des centrales nucléaires, mais la facture, confirme-t-il. "La facture  est très importante mais le débat aujourd'hui n'est pas : 'Est-ce qu'on va investir ou pas ? Mais dans quoi on va investir ? Pour ça on veut que la décision sur le nucléaire soit prise, pas seulement pour sortir du nucléaire, mais aussi pour renforcer notre politique climat". 

"De plus en plus, les centrales nucléaires sont devenues un danger pour notre sécurité d'approvisionnement. On est champion du monde dans l'indisponibilité des centrales nucléaires", précise-t-il.

Autrement dit, "il faut vraiment changer, prendre des décisions. Sauf la N-VA, tout le monde est convaincu. Alors je pense, j'espère que la réponse de Charles Michel (sur le sujet, ndlr) sera claire aujourd'hui".

Selon le député Groen, il y a aujourd'hui une "quasi majorité absolue" et "on ne vit pas dans une dictature. Ce n'est pas parce que la N-VA ne veut pas, que l'on doit rester avec les vieilles centrales nucléaires françaises". Et de s'étonner que la N-VA fasse "un peu le lobbying pour une multinationale française".

Droits de l'homme : "Est-ce qu'il y a encore de vrais libéraux du côté francophone ?"

Revenant sur l'affaire des Soudanais renvoyés dans leur pays malgré des risques de tortures, Kristof Calvo demande qu'on arrête d'organiser ces missions d'identifications avec le régime soudanais. "C'est incroyable que l'on travaille avec des fonctionnaires d'un régime comme ça, dans nos bâtiments, ici, à Bruxelles !"

Cela va à l'encontre des droits de l'homme pour l'écologiste flamand qui s'étonne qu'un ministre libérale autorise cette pratique : "Est-ce qu'il y a encore de vrais libéraux du côté francophone ?" .

A l'époque du gouvernement arc-en-ciel (quand Verhofstadt Open-Vld était Premier ministre et Louis Michel ministre MR des Affaires étrangères), "les droits de l'homme était au cœur de notre politique", rappelle-t-il. "Maintenant, Charles Michel travaille avec un pays où on sait déjà qu'il y a des tortures. Pour nous, c'est vraiment inacceptable !"

"Il y a une responsabilité énorme du CD&V et des libéraux dans ce débat", estime le député Groen. 

"La Flandre n'est pas Francken"

"Les droits de l'homme ne sont pas une question communautaire. La Flandre n'est pas Francken", ajoute-t-il. 

Même réaction quand Thomas Gadisseux le fait réagir sur cette polémique au nord du pays après l'engagement par la VRT d'une nouvelle collaboratrice nommée Jihad

Pour lui, "la N-VA veut que son opinion soit celle de la Flandre, mais je peux vous assurer que ce ne sera pas le cas, que nous ne sommes pas impressionnés pas les attaques et que l'on continue notre travail".   

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