KPN renonce à engager Dominique Leroy comme CEO de l'entreprise

Dominique Leroy
Dominique Leroy - © ERIC LALMAND - BELGA

Le groupe télécoms néerlandais KPN renonce à engager comme CEO Dominique Leroy, l'ancienne patronne de Proximus, a-t-il annoncé lundi dans un communiqué, justifiant sa décision par les enquêtes visant Dominique Leroy et les incertitudes qu'elles entraînaient sur le moment de son entrée en fonction, initialement prévue le 1er décembre.

KPN invoque "la durée des procédures" concernant Dominique Leroy en Belgique qui n'est "pas claire et reste imprévisible". Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête pour un éventuel délit d'initié et mené des perquisitions au domicile de Dominique Leroy ainsi que dans son bureau chez Proximus. Un mois avant son départ, l'ex-CEO de Proximus avait vendu 10.840 actions Proximus au prix de 26,32 euros l'action, pour un montant total de 285.342,40 euros. Dominique Leroy a précisé qu'elle n'avait pas encore décidé de quitter Proximus au moment de cette vente même si elle avait déjà discuté avec d'autres parties, y compris KPN.

Le conseil de surveillance du groupe estime que ces incertitudes autour du timing ne sont pas dans l'intérêt de KPN et de ses parties prenantes. "C'était une décision difficile à prendre pour le conseil de surveillance étant donné les états de services de dirigeante très accomplie de Mme Dominique Leroy. Néanmoins, les incertitudes autour du timing entraînent une situation que le conseil de surveillance estime ne pas être dans l'intérêt de KPN. Nous lui souhaitons le meilleur", commente le président de KPN, Duco Sickinghe.

KPN a aussi précisé que Dominique Leroy ne serait indemnisée que pour certaines dépenses et le temps consacré au groupe néerlandais depuis la décision de KPN de la nommer CEO. Le groupe de télécoms n'a pas communiqué le montant de cette compensation.

Situation compliquée

La décision du conseil de KPN a pour conséquence l'annulation de l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires de KPN, qui était prévue le lundi 28 octobre et devait se pencher sur la nomination de la dirigeante belge.

Contacté par la RTBF, Stefaan De Clerck, président du conseil d’administration de Proximus, n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat, réaffirmant "son grand respect" vis à vis de Dominique Leroy dans cette situation compliquée.

Le ministre de tutelle, Philippe De Backer (Open Vld), n'a pas non plus souhaité réagir. Il estime que le départ de Dominique Leroy est un choix personnel au même titre que la décision de la société KPN de ne pas s'engager avec elle.

Processus en cours chez Proximus

La décision de KPN "ne change rien" au processus en cours chez Proximus, précise l'entreprise semi-publique ce lundi. Une procédure a en effet été lancée mi-septembre afin de trouver un remplaçant à Dominique Leroy. Un chasseur de têtes a été désigné, de même qu'un profil-type créé et validé pour la fonction.

La principale intéressée n'est plus CEO chez Proximus, y insiste-t-on. Il est trop tôt pour savoir si elle pourrait être intéressée par le poste et si elle pourrait y être candidate, y confie-t-on encore. C'est à présent au chasseur de têtes d'établir une liste de candidats potentiels et de la soumettre au comité de nomination et de rémunération de l'entreprise semi-publique, avant que le conseil d'administration ne prenne une décision. Dans l'intervalle, la directrice financière Sandrine Dufour a pris les rênes de l'opérateur belge à titre provisoire.

Proximus précise enfin que la décision de KPN a été prise "de manière indépendante" et qu'il n'a "pas été consulté ni informé" dans ce cadre.

Selon l'association d'actionnaires VEB, KPN a pris la "seule bonne décision"

Aux Pays-Bas, l'association d'actionnaires VEB (Nederlandse Vereniging van Effectenbezitters) estime que KPN a pris "la seule bonne décision" en renonçant à engager comme CEO l'ex-patronne de Proximus. Les enquêtes concernant un potentiel délit d'initié de Dominique Leroy pourraient prendre de six à neuf mois : "C'est beaucoup trop long", selon Paul Koster, le directeur de la VEB. Et c'est la raison principale de la volte-face de KPN, selon lui. Paul Koster espère que KPN pourra trouver rapidement un nouveau candidat et souligne que les personnes qualifiées ne manquent pas en interne du groupe néerlandais.

L'annonce du départ de Dominique Leroy pour KPN avait provoqué l'ire des syndicats de Proximus qui avaient demandé sa démission immédiate alors que la direction négocie toujours les conditions du plan de transformation du groupe prévoyant le départ de 1.900 personnes et l'engagement de 1.250 autres sur une période de trois ans. Les syndicats estimaient que la rupture de confiance était totale.

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