Koen Geens remplace Steven Vanackere comme ministre des Finances

Koen Geens remplace Steven Vanackere comme ministre des Finances
5 images
Koen Geens remplace Steven Vanackere comme ministre des Finances - © Tous droits réservés

Le ministre CD&V des Finances et vice-Premier ministre, englué dans le dossier ACW/Belfius, a démissionné. Son remplaçant aux Finances, chargé de la Fonction publique, est Koen Geens, avocat, professeur de droit des entreprises à la KUL et ex-chef de cabinet de Kris Peeters. Il a été nommé en fin d'après-midi, alors que les travaux du contrôle budgétaire sont censés débuter ce mercredi. Pieter De Crem est promu vice-Premier.

Steven Vanackere a remis son mandat exécutif dans les mains de son président de parti, Wouter Beke, a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse organisée ce mardi matin. Il reprendra cependant son mandat à la Chambre des représentants.

Le dossier concernant les parts bénéficiaires de Belfius dont disposait le Mouvement ouvrier chrétien (MOC), et surtout son pendant flamand l'ACW, aura donc finalement été fatal au vice-Premier ministre. "Ces insinuations et suspicions injustes" ont dépassé sa "capacité personnelle à encaisser [les coups]", a précisé l'élu démocrate-chrétien flamand. "Certains pensent visiblement que je ne suis pas en mesure d'exercer ma tâche de ministre des Finances de manière impartiale. Lorsque la vérité éclatera, il apparaîtra clairement que je n'ai rien à me reprocher. Mais ce climat de méfiance m'empêche de faire mon travail"a dit Steven Vanackere.

Koen Geens aux Finances à la veille du contrôle budgétaire

Le CD&V perd donc son principal ministre et le gouvernement fédéral son ministre des Finances... à la veille d'un contrôle budgétaire qui s'annonce tendu (il faudra trouver 2,5 à 3 milliards d'euros).

Dès lors, il fallait rapidement trouver un remplaçant au démissionnaire. Le président du CD&V a souligné que la démission du ministre des Finances ne devrait pas avoir d'influence directe sur les discussions budgétaires "puisque celles-ci, pour ce que j'ai appris, ne doivent de toutes façons pas débuter avant le week-end".

C'est Koen Geens qui succède à Steven Vanackere aux Finances, tandis que le ministre de la Défense Pieter De Crem est promu vice-Premier ministre.

Servais Verherstraeten, secrétaire d'Etat aux Réformes institutionnelles, adjoint au Premier ministre, et secrétaire d'Etat à la Régie des bâtiments, adjoint au ministre des Finances, sera à l'avenir aussi chargé du Développement Durable, adjoint au ministre des Finances. Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Hendrik Bogaert, dépendra du nouveau ministre des Finances.

Koen Geens a prêté serment entre les mains du Roi et en présence du Premier ministre, mardi à 19 heures au Château du Belvédère.

Ce juriste spécialisé en droit des sociétés travaille pour la cabinet Eubelius, l'un des plus grands du pays, qui a notamment conseillé l'ACW dans la gestion des parts bénéficiaires de Dexia/Belfius et de la liquidation d'Arco. Il a également été chef de cabinet de Kris Peeters, ministre président flamand (juillet 2007 - mars 2009), et avait été en 2009 candidat malheureux au rectorat de la KUL où il enseigne. Il est aussi avocat et administrateur chez BNP Paribas Fortis et préside le conseil des sages de "Vlaanderen in Actie" (VIA), une sorte de plan Marshall flamand visant à faire de la Flandre une "société économiquement novatrice, durable et socialement chaleureuse" en 2020.

"Serviteur de l'intérêt général"

Le président du CD&V Wouter Beke a stigmatisé les insinuations dont le ministre des Finances a été victime. Il a souligné que son retrait constituait pour lui une grande épreuve sur le plan humain alors qu'il s'est toujours montré un "serviteur de l'intérêt général". On peut se poser des questions sur la façon dont certains font de la politique, a encore dit Wouter Beke.

Comme on lui demandait s'il visait aussi des partis de la coalition et plus spécialement l'Open Vld, il s'est contenté de dire que celui qui se sent visé est sans doute concerné.

Plusieurs personnalités du CD&V ont commenté la décision de Steven Vanackere en arrivant à la réunion du bureau du parti. Tant les anciens ministres Stefaan De Clerck et Mark Eyskens que le sénateur Rik Torfs, le député flamand Eric van Rompuy ou le député européen Ivo Belet ont regretté son départ.

Stefaan De Clerck a aussi clairement indiqué qu'il n'était pas candidat à la succession, après avoir rappelé qu'il avait lui aussi été obligé de démissionner, "même si les circonstances n'étaient pas comparables".

Mark Eyskens a eu comme toujours, malgré les circonstances, un bon mot: "Quelle est la différence entre un ministre et une mouche? Il n'y en a pas. Tous les deux peuvent être tués par un journal."

Le bourgmestre de Gooik Michel Doomst a aussi regretté le départ de Steven Vanackere du gouvernement. Il est sans doute doublement consterné par la décision du ministre. N'ayant plus été élu lors des dernières élections fédérales, Michel Doomst siège en effet à la Chambre en tant que suppléant de Steven Vanackere. Comme celui-ci reprendra son siège dans les prochains jours, Michel Doomst aura tout le loisir de se consacrer exclusivement à sa commune.

Pourquoi Steven Vanackere a-t-il été mis en cause ?

Pour rappel, c'est la N-VA qui est à la base de la tempête qui a emporté le vice-Premier ministre. Le parti nationaliste flamand avait, mi-février, accusé l'ACW de fraude fiscale, faux en écritures, conflit d'intérêts et abus de biens sociaux. Des accusations relatives, donc, aux parts bénéficiaires de Belfius dont disposait l'organisation chrétienne.

Une organisation dont le désormais ex-ministre des Finances est très proche. Ce dernier avait pourtant affirmé ne pas avoir été mis au courant du deal financier intervenu entre l'ACW et Belfius.

Mais des révélations du Morgen avaient indiqué que la Société fédérale de Participations et Investissements avait transmis dans deux lettres au ministre Vanackere tous les détails relatifs à ce deal. 

Entendu jeudi dernier à la Chambre, le ministre avait cependant réaffirmé être "droit dans ses bottes".

Lisez ci contre le rappel des faits par Johanne Montay.

RTBF

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK