Khadja Nin: "Je vous en supplie, venez au secours du Burundi"

Khadja Nin
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Khadja Nin - © RTBF

Ce jeudi matin, la célèbre chanteuse belgo-burundaise Khadja Nin est venue sur le plateau de La Première pour attirer l'attention des Belges sur la situation au Burundi. Plus qu'un cri de colère, "c'est un cri de détresse", a lancé l'artiste, visiblement très touchée par les événements qui secouent son pays natal.

"Tous les médias libres du Burundi ont été détruits, je dis bien détruits, pas fermés, détruits, cassés, brûlés. Et donc, il n’y a plus qu’une seule voix au Burundi: la voix de la Radio Télévision nationale qui est contrôlée par le pouvoir. Ce que je fais ici, c’est essayer de porter un message, un appel au secours de tout un peuple, désarmé face à des forces répressives, face à un homme, un homme seul contre tous", a lancé la chanteuse de "Sambolera" dont la voix trahissait l'émotion au micro de Mehdi Khelfat.

Réécoutez cette interview en intégralité ci-dessous:

"La Belgique peut faire en sorte qu’on arrête de massacrer les gens"

"Je remercie la Belgique pour avoir condamné ce troisième mandat, et d’autres pays qui l’ont condamné clairement. Le problème est celui-là : il suffirait que cet homme dise 'je renonce', deux mots, pour que tout s’arrête. Cet homme a décidé, après des accords d’Arusha qui ont mis tant de temps à conclure quelque chose de viable, de convenable, qui permettaient au Burundi de dépasser les guerres. Cet homme est le seul à en faire une lecture personnelle, c’est-à-dire troisième mandat", estime-t-elle. "Je suis vraiment heureuse que la Belgique ait parlé clairement, parce que la Belgique, dans le contexte burundais, est très importante. Du point de vue économique, elle est importante. La Belgique a des leviers d’actions importants qu’elle peut activer pour qu’on arrête de massacrer les gens", a souligné notre invitée.

Appel au secours

"Et, s’il vous plaît, s’il vous plaît, je vous appelle au secours, vous les journalistes, levez-vous pour vos confrères, levez-vous pour la liberté de la presse. Moi j’ai vu, au début de l’année, des millions de gens dans la rue pour Charlie Hebdo. Là on parle d’un pays qui est enfermé; d’un peuple qui se fait massacrer. On a dépassé les paroles. Je vous en supplie, venez à notre secours", a lancé Khadja Nin.

"Il y a quelque chose à faire. Et si vous ne le faites pas maintenant, le Burundi est un test grandeur nature pour ce qu’il va se passer en Afrique cette année et l’année prochaine, c’est-à-dire des Présidents qui vont briguer des troisièmes, des centièmes mandats, et ça les peuples ne l’acceptent plus parce qu’ils n’ont plus rien à perdre. Puisqu’ils n’ont rien à perdre, ils vont dans la rue pour les autres, pour le futur", estime-t-elle.

"Mais, s’il vous plaît, ceux qui ont le pouvoir d’arrêter ça ne pourront pas dire 'on ne savait pas', et la Belgique a ce pouvoir-là", a expliqué celle qui est aussi la fille d'un ancien ministre burundais.

RTBF

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