Kazakhgate: Patokh Chodiev attaque l'Etat belge en justice, "la preuve qu'il est très inquiet"

Les avocats de Patokh Chodiev ont annoncé qu'ils attaquaient l'Etat belge.
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Les avocats de Patokh Chodiev ont annoncé qu'ils attaquaient l'Etat belge. - © RTBF

La commission d’enquête " Kazakhgate " reprend ses auditions ce mercredi. Ce matin, dans Matin première, le commissaire Georges Gilkinet (Ecolo) demandait une accélération du calendrier et l'audition de Didier Reynders.

Cet après-midi, les avocats de Patokh Chodiev, au coeur du fameux "trio kazakh", donnaient une conférence de presse. Ils y ont annoncé qu'ils attaquaient l'Etat belge et la Chambre en justice, et dénoncent l'attitude de la Commission, qui selon eux "sort de son rôle" et "ne respecte pas la présomption d'innocence". Ils dénoncent en particulier la fuite de documents et de déclarations qui auraient dû rester confidentiels.

Le président de la commission d'enquête parlementaire sur la transaction pénale élargie, le député Dirk Van der Maelen (sp.a), ne se laisse pas démonter par la plainte déposée par le milliardaire belgo-kazakh Patokh Chodiev contre l'Etat belge et la Chambre. "C'est la preuve qu'il est très inquiet et que nous sommes sur la bonne voie", a-t-il réagi.

Mépris pour la vie privée

Pour ses avocats, l'attitude de la commission Kasaghgate cause un dommage à Patokh Chodiev. La commission est censée -disent-ils- "se concentrer sur le travail législatif de la loi sur la transaction pénale uniquement".

Les avocats de Chodiev disent avoir déjà écrit à la commission pour signaler leurs objections, sans succès. Ils ont dès lors, décidé d'attaquer en justice. "La commission est tenue à un devoir de discrétion, comme un juge d'instruction. Elle ne juge pas." rappelle Pascal Vanderveeren. "Le rôle de la commission est il de se prononcer sur une responsabilité ou d'émettre des critiques qui s'assimilent à la condamnation d'une personne privée? Ce n'est pas le rôle d'une commission. Depuis le début de cette commission, on ne cesse de critiquer Patokh Chodiev. Ca ne va pas. Cette commission est censée se limiter à l'action de la sphère politique autour de la loi sur la transaction pénale".

Pour l'avocat, une enquête doit se faire à charge et à décharge. "Déterminer les responsabilités politiques, c'était ça, l'objet de la commission. Cet objectif est largement dépassé. Il y a une grande agressivité lorsqu'on parle de Mr Chodiev. On ne retrouve pas une telle agressivité quand il est question des diamantaires".

Il n'y a aucun respect de la présomption d'innocence, dit encore l'avocat, qui attaque nommément le président de la commission Dirk Vandormaelen ("qui n'a pas une attitude digne d'un président de commission") et Georges Gilkinet, qui s'expriment dans la presse. Quant à l'Etat belge, les avocats de Mr Chodiev lui reprochent de "ne pas avoir réussi à contrôler la Commission".

Les avocats demandent des dommages et intérêts et réclament un préjudice provisionnel d'1 euro: "Patokh Chodiev donne du travail à 80.000 personnes. Le dommage est à la hauteur de la souffrance que supporte cette famille. Une famille respectable et honorable. Le fait de devoir lutter pour poursuivre ses affaires et le fait de souffrir face à cela, ce n'est pas une mince affaire" conclut l'avocat.

Une tentative d'intimidation

Dirk Vandermaelen a réagi à cette annonce, qu'il a qualifiée de "tentative d'intimidation": " Ce n’est pas la première fois que de l’extérieur, on essaye d’attaquer la chambre, dans ses travaux des commissions d’enquête parlementaire. Cela a été le cas lors de la commission d’enquête sur les sectes. Dans ce cas, c’était après publication du rapport. Ici, pour la première fois, l’une des cibles de la commission attaque avant que celle-ci ait même atteint la moitié de ses travaux. J'ai la conviction que c’est une tentative d’intimidation. Je proposerai demain à la commission de ne pas se laisser influencer, et de considérer cette attaque comme un signe qu’il faut continuer. "

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