Kazakhgate: le rôle de l'échevin ucclois Jonathan Biermann

Ce jeudi, à Uccle, c'est le jour du conseil communal. L'atmosphère sera bien particulière, sous la houlette du bourgmestre MR Armand De Decker, qui se fait discret depuis des semaines, si ce n'est pour la gestion de sa commune. Armand De Decker a été lâché ce weekend par son parti.

L'échevin Jonathan Biermann voit lui aussi son nom cité dans l'affaire du Kazakhgate. Il n’a pas été auditionné par le comité de déontologie du MR. Mais la Justice s’intéresse également à son rôle dans cette saga politico-médiatique.

Qui est cet autre élu MR cité dans l'affaire ? En politique, Jonathan Biermann a suivi les pas de son mentor Armand De Decker. Jonathan Biermann est actuellement échevin des Travaux, de la Mobilité et du Stationnement à Uccle, commune dirigée par Armand De Decker. L'échevin Biermann, tout comme le bourgmestre, est avocat. Ou du moins l'a été, dans l'affaire Chodiev : ancien proche assistant parlementaire d'Armand De Decker, il a aussi défendu une plaignante kazakhe pour permettre à la transaction pénale de se réaliser en 2011, au profit de Chodiev.

Spécialisé en droit commercial

Licencié en droit, Jonathan Biermann est plutôt spécialisé en droit commercial, ce qui n'a pas empêché qu'en janvier 2011, Armand De Decker le recommande pour représenter Natalia Kazegueldina, la femme de l'ex-Premier ministre kazakh, mise en cause dans le dossier de blanchiment d'argent Tractebel révélé en 1999 et qui avait valu des poursuites au milliardaire belgo-kazakh Patokh Chodiev au centre de l'affaire.

Cette dame devait absolument être représentée par un conseil, pour permettre la négociation de la transaction pénale avec la justice belge. Il fallait lui trouver rapidement un avocat, ce qui fut fait avec Jonathan Biermann, inscrit au barreau de Bruxelles en 2003.  

Jonathan Biermann ouvre alors en 2011 une société, une sprl : le bureau J.B.I., en 2011, comme Armand De Decker, chez le même notaire et avec des statuts identiques à ceux de la société d'Armand De Decker. Salaire recueilli pour son rôle, selon les enquêteurs français, cités par Le Vif : 160 000 euros. Mais la rémunératrice de ses honoraires n'est pas la cliente kazakhe : c'est Catherine Degoul, l'avocate française de Patokh Chodiev.  

Nous joignons ici en exclusivité la preuve, issue d'un document judiciaire, d'un versement de 60 000 euros à Jonathan Biermann, par Catherine Degoul. Communication: "consultation Afrique centrale", vague et évasive mention demandée par l'avocate elle-même.

On notera d'ailleurs que l'élu Jonathan Biermann n'a jamais déclaré sa profession d'avocat. Et ce, depuis l'année 2012 comme l'atteste cet extrait du Moniteur belge.

Jonathan Biermann a été interrogé par la justice belge. Il a dit avoir ignoré tout du rôle éventuel de son mentor dans l'élaboration de la loi transaction pénale. Contacté par la RTBF, il n'a pas souhaité répondre davantage, arguant de son secret professionnel.

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