Kazakhgate: climat tendu et réunion au sommet suite aux fuites dans la presse

L'atmosphère était électrique en commission Kazakhgate, au parlement fédéral ce mercredi matin. La majorité a repoussé d'une heure l'audition d'un témoin et a menacé de mettre un terme aux travaux, après que certains éléments confidentiels ont fait l'objet de fuites dans la presse. Dirk Van der Maelen doit rencontrer cet après-midi le président de la Chambre, Sigfred Bracke (N-VA), afin de faire le point sur la façon dont la commission kazakhgate va poursuivre ses travaux, après les grosses tensions dans la matinée.

Tensions suite aux fuites

La tension est palpable entre les commissaires et le débat fait rage au sujet de fuites dans la presse, qui sont par ailleurs un des griefs évoqués par les avocats de Patokh Chodiev, qui attaque l'Etat belge en justice.

Dans ses éditions de ce mercredi, le Soir révélait qu'en 2011, alors qu’il était l’avocat de l’homme d’affaires Patokh Chodiev, l’ancien président du Sénat Armand De Decker (MR) était intervenu à l’Élysée auprès du coordinateur national du renseignement, Ange Mancini. Et ce afin de renforcer la collaboration entre le service français de renseignement intérieur DGSI (à l’époque Direction centrale du renseignement intérieur, DCRI) et la Sûreté de l’État afin de neutraliser une personne que Chodiev pouvait juger menaçante pour ses intérêts.

D'autre part, on a appris que le service d'analyse de la Sûreté de l'Etat a produit quatre notes en 2012, 2014, 2015 et 2016 suggérant une ingérence et une manipulation française dans le dossier Kazakhgate ainsi qu'une implication de l'ex-président du Sénat Armand De Decker.

Une plainte contre X?


La tension était déjà montée d'un cran avant les vacances de Pâques, la commission d'enquête ayant décidé à l'unanimité, à la demande de la majorité, de déposer une plainte contre X au Parquet de Bruxelles après la divulgation par l'agence BELGA d'une information relative au suivi de l'ex-président du Sénat Armand De Decker par la Sûreté de l'Etat.

La majorité a réitéré mercredi sa demande de dépôt d'une plainte suite aux nouvelles fuites mais les experts de la commission et les services juridiques de la Chambre divergent sur les modalités d'une telle option qui ne saurait probablement pas revêtir les contours d'une plainte formelle.

Huis clos et suspension des travaux

Tout en condamnant les fuites qui mettent à mal la sérénité de la commission, une partie de l'opposition a reproché à la majorité de vouloir tirer prétexte de ces événements pour déjouer l'oeuvre de transparence censée animer les travaux. Au contraire, la majorité a assuré vouloir la totale transparence dans le kazakhgate. Elle a cependant fait état de propositions visant à améliorer la qualité des travaux: huis clos systématique, plus d'interviews à la presse voire suspension des travaux en attendant la mise au jour de l'origine des fuites.

L'avocat proche du secteur du diamant Raf Verstraten, cité comme étant un des acteurs à l'origine de la loi sur la transaction pénale élargie, a finalement débuté son audition avec une heure de retard.

 



 

 

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