Karel De Gucht à propos de son dossier fiscal: "J'ai été persécuté"

Karel De Gucht
Karel De Gucht - © RTBF

Le Commissaire européen Karel De Gucht a écrit trois lettres pour se plaindre de la façon dont il avait été traité par le directeur de l'administration fiscale qui s'est occupé de son dossier. Mais il ne s'agit pas d'intervention politique, dit-il à la RTBF: "Je suis politicien mais j’ai le droit d’écrire ce que je pense".

Le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht pousse la liste Open Vld pour les élections européennes. Mais, contrairement aux autres membres de la Commission qui sont candidats pour ce scrutin, il ne fait pas un pas de côté à quelques semaines du 25 mai. Interrogé par Johanne Montay dans L’Indiscret, il explique qu’il doit rester actif et "travailler à plein temps" dans le cadre de ses attributions européennes "parce qu’on est dans une phase assez décisive dans un certain nombre de projets et de négociations". Selon lui, c’est dans l’intérêt des Européens de continuer à négocier un traité de libre-échange avec les Etats-Unis, même après l’affaire des écoutes: "Nous exportons beaucoup plus vers les Etats-Unis que eux vers nous ; et cela ne va que s’accroître".

S’il est élu le 25 mai, Karel De Gucht ne siègera pas comme député européen, indique-t-il. Il voudrait bien continuer à être commissaire, mais "en politique, si on se fait des illusions, le résultat final ce sont des désillusions".

"La N-VA est bâtie sur les confrontations"

Sur le plan intérieur belge, Karel De Gucht "pense que Bart De Wever sera devant une question très difficile après les élections. S’il entre dans un gouvernement, il devra faire un compromis. La N-VA est plus bâtie sur les confrontations que sur les compromis. Et s’il ne va pas dans un gouvernement, les Flamands, qui finalement sont des gens très réalistes, vont se dire qu’on ne vote plus pour ce monsieur qui ne fait rien".

Karel De Gucht se déclare contre les nationalismes qui "unissent toujours contre quelque chose. Je pense que c’est une grande erreur, ce n’est pas du tout positif". "Il y aura, lors de ces élections européennes, beaucoup de votes contre l’Europe. Des partis vont mobiliser ces voix parce qu’ils espèrent en profiter politiquement. Moi je crois qu’il faut plus d’Europe" pousuit-il.

Boycotter le Rwanda?

Après les dernières déclarations du président rwandais Paul Kagame, la France a décidé de boycotter les cérémonies du vingtième anniversaire du génocide. En ce qui concerne la Belgique, Karel De Gucht approuve l’attitude du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders : "Il n’y a aucune raison de refuser d’aller dans ce pays".

"J'ai été persécuté"

Karel De Gucht revient sur le dossier judiciaire et fiscal qui le touche. Il a écrit trois lettres contre Karel Anthonissen, le directeur de l’administration des impôts en charge de cette affaire. Il lui reproche notamment de l'avoir imposé pour 1 million d'euros alors que le dossier lui avait été retiré, raison pour laquelle ce fonctionnaire a été sanctionné : "J’ai vraiment été persécuté par ce monsieur, qui a d’ailleurs des orientations politiques douteuses. Il écrit dans un hebdomadaire qui est très proche de l’extrême-droite. Dans ses écrits, il m’a appelé le ‘président cordon bleu ‘(cordon sanitaire libéral, ndlr). Il s’est comporté de façon tout à fait inacceptable dans mon dossier. Je suis politicien mais j’ai le droit de me défendre et d’écrire ce que je pense". Et il souligne que la cour d’appel de Gand l’a blanchi des accusations de fraude.

Le secrétaire d'État à la Lutte contre la fraude John Crombez (sp.a) a pour sa part estimé sur la VRT que la démarche de Karel De Gucht "n'était pas nécessairement normale". Il a ajouté avoir toute confiance en la hiérarchie à l'ISI qui devait fort bien savoir ce qu'il y avait lieu de faire avec lesdits courriers, en tenant compte de la personnalité de leur auteur.

A.L. avec J. Montay

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK