K.-H. Lambertz: "Les germanophones ne sont pas les dindons de la farce de la réforme de l'Etat"

Karl-Heinz Lambertz, ministre-président de la Communauté germanophone
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Karl-Heinz Lambertz, ministre-président de la Communauté germanophone - © RTBF

Les germanophones ne sont pas les oubliés de la réforme de la Belgique affirme le ministre-président Karl-Heinz Lambertz à la RTBF. On peut certainement aller encore plus loin dans la fédéralisation des compétences et des moyens à l'issue de la réforme de l'Etat en cours, selon lui.

La communauté germanophone compte 77 000 habitants, un tissu variés de 2200 entreprises et un taux d’emploi qui n’a rien à envier à la Flandre. Alors, ont-ils eux aussi des envies de séparatisme? "S’il y a une chose qu’on ne veut pas, c’est quitter la Belgique" déclare le ministre-président de la Communauté germanophone Karl-Heinz Lambertz à Thomas Gadisseux. "Cette Belgique nous a donné depuis 1920 une occasion extraordinaire de nous développer. Je connais peu de gens qui se sentiraient mieux tous seuls, en tous cas des gens qui n’ont pas un petit problème psychique" poursuit-il.

"On ne sera certainement pas les oubliés ni les dindons de la farce" de la prochaine réforme de l’Etat: "Il faut d’abord qu’il y ait une farce" ironise Karl-Heinz Lambertz. Par la réforme en cours, les germanophones se verront octroyer de nouvelles compétences, rappelle le ministre-président: "Sur les 17 milliards de compétences concernées, 15 milliards nous concernent tout de suite, ce n’est pas peu. Nous sommes en train de négocier avec les Wallons pour un quatrième transfert de compétences régionales en application de l’article 239 de la Constitution". Les germanophones ont besoin de compétences régionales supplémentaires pour bien gérer leur destin, notamment l’aménagement du territoire et le logement, dit-il. Et c’est normal que ces négociations prennent du temps.

Fédéralisation: "On peut aller plus loin"

La Belgique deviendra-t-elle un Etat confédéral, comme le demande la N-VA ? "C’est une contradiction sémantique: la confédération, cela veut dire une association d’Etats indépendants. Juridiquement c’est un non-sens. La N-VA veut sûrement une Flandre encore plus autonome et on peut certainement imaginer une Belgique qui va encore plus loin dans la fédéralisation des compétences et des moyens" répond Karl-Heinz Lambertz.

Le ministre-président ne craint pas le scrutin de 2014. Il pourrait résulter de ces élections que la situation soit encore plus compliquée qu’en 2012: "Même si le résultat en Flandre aura une signification particulière, en Belgique, on ne sait rien changer aux structures de l’Etat sans un accord de la majorité des francophones et de la majorité des Flamands" souligne-t-il.

"Réfléchir à ce qui se passera après la 6ème réforme de l’Etat pourrait être une tâche prioritaire pour le nouveau sénat des entités fédérées qui naîtra de la réforme actuelle" conclut Karl-Heinz Lambertz.

A.L. avec T. Gadisseux

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