Jürgen Conings : le responsable du Renseignement militaire était absent lors de la réunion de l’OCAM plaçant le militaire au niveau 3

La ministre de la Défense Ludivine Dedonder a présenté un rapport intermédiaire au Parlement. Un rapport de 35 pages qui livre de premiers constats sur les failles ayant permis au militaire Jurgen Conings de quitter sa caserne avec de l’armement lourd alors qu’il était fiché par l’OCAM en niveau 3 de la menace (sur 4).

ce qu’on a pu lire dans ce rapport était encore pire que ce qu’on pensait

L’occasion d’apprendre que le 17 février dernier lorsque l’OCAM a pris la décision de placer le militaire au niveau 3 de la menace, le représentant du Renseignement militaire (SGRS) était absent lors de la réunion ! Il a fallu attendre une semaine de plus pour que l’information soit transmise via un rapport de 60 pages et une semaine supplémentaire pour que ce rapport parvienne aux personnes chargées de l’examiner.

L’information transmise par l’OCAM n’a pas été exploitée coté militaire

Le rapport de l’inspection interne de la Défense pointe une série de ratés qui explique la situation dans laquelle se trouvent les autorités, un mois après sa disparition avec des armes, de ne pouvoir localiser Jurgen Conings. Le raté le plus important est imputable au service de renseignement militaire qui n’a pas exploité l’information de l’OCAM. Celle-ci n’a pas circulé ni verticalement ni horizontalement. Et il ne s’agit pas que d’un problème de moyen en personnel car il n’y avait qu’un seul militaire représentant une menace de niveau 3, la priorité était donc évidente. L’information était disponible mais elle n’a pas été exploitée. Une défaillance majeure dont il appartiendra au Comité R chargé du suivi des organes de renseignement d’établir les causes et les responsables.

L’accès aux dépôts d’armes, des libertés prises avec les procédures

Second manquement important l’accès au dépôt d’armes. La façon dont le militaire a pu accéder à des armes au sein de la cellule de prédéploiement aux opérations à laquelle il avait été affecté, notamment des lance-roquettes, interpelle aussi. Plusieurs manquements aux règles ont été constatés indique le rapport. L’utilisation des roquettes n’était pas prévue pour la formation des stagiaires mais avait été commandée pour les instructeurs, le stockage des lance-roquettes ne respectait pas la licence de stockage et ces armes n’auraient pu rester aussi longtemps inutilisées. Une procédure plus stricte existe mais elle n’a jamais été formalisée et donc utilisée au sein de cette cellule. Elle impose une habilitation de sécurité… En d’autres termes, Jürgen Conings n’aurait pas pu y accéder et s’en emparer lors de sa fuite.

L’opération de surveillance de Jurgen Conings jugée non-prioritaire, alors qu’il était sur la liste OCAM au niveau 3

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Illustration un militaire mobilisé pour retrouver Jurgen Conings © Belga

Le rapport revient également sur le suivi de Jürgen Conings. Des méthodes particulières de recherche ont été utilisées depuis le 25 février. Mais le 4 mai, le comité de pilotage du SGRS a décidé d’affecter ces moyens à une autre opération, alors que le militaire était classé au niveau 3 de menace : "Nous avons été aussi surpris de ce qu’on a pu lire dans ce rapport, qui était encore pire que ce qu’on pensait", a lancé la ministre Dedonder. Celle-ci attend encore le rapport du comité R – prévu pour début juillet- pour tirer ses conclusions définitives sur le fonctionnement du SGRS. Elle a toutefois annoncé la révision d’un certain nombre de procédures afin de revoir l’échange d’informations au sein du service, entre les services militaires et avec les services de sécurité et les autorités judiciaires.

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