Juifs cachés et djihadistes en fuite: la comparaison de Jan Jambon fâche

Jan Jambon, en direct, sur le plateau de VTM le 9 avril dernier
Jan Jambon, en direct, sur le plateau de VTM le 9 avril dernier - © DR - VTM

Suite aux arrestations de Salah Abdeslam, Mohamed Abrini ou encore Osama Krayem, la question s’est posée avec acuité : comment des terroristes présumés, aussi recherchés, peuvent-ils échapper aux autorités pendant aussi longtemps, en plein cœur de Bruxelles ?

Invité du 19h00 de la chaîne privée VTM le 9 avril dernier, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a donné une explication : "Quelqu’un qui se cache et qui bénéficie d’un soutien des gens, peut rester longtemps dans la clandestinité", a-t-il expliqué.

Jusque-là, rien de bien interpellant, mais le ministre N-VA va ensuite lancer une comparaison pour appuyer son propos : "Je fais souvent la comparaison avec ce que beaucoup de juifs ont vécu durant la Seconde Guerre mondiale. Des juifs sont parvenus à rester quatre ans dans la clandestinité et ce malgré le fait qu’un régime effrayant les recherchent de manière continue. Et ils ne les ont heureusement jamais retrouvés".

La vidéo est visible sur le site de VTM, via le lien ci-dessous :

"Déplacé, mais pas intentionnel"

Une comparaison qui a fait rapidement réagir Claude Marinower, échevin Open Vld à Anvers. Bien que membre de la majorité communale de Bart De Wever (président du parti de Jan Jambon), ce dernier a fait part de sa totale désapprobation. Toutefois, celui-ci ne tient pas à donner à cette déclaration plus d’importance qu’elle n’en a.

"Cela nécessitait une réaction", déclare-t-il, cité par le site du CCLJ. "Je dis que comparer les criminels djihadistes qui se cachent aujourd’hui avec des Juifs innocents cherchant à échapper à la traque des nazis est tout à fait déplacé", s’offusque cet avocat.

"Je ne peux penser un instant que cette comparaison ait été intentionnelle de la part de Jan Jambon. Ce serait trop gros et cela ne nécessiterait aucun commentaire", tempère-t-il cependant.

"L’expression se rapportait à la mécanique de la clandestinité"

"Monsieur Jambon n’avait pas du tout l’intention de blesser la population juive de notre pays. Au contraire, il ne compare pas les Juifs aux terroristes. Il a uniquement fait référence à ce qui était un fait dans l’histoire de la Belgique : cacher des gens était quelque chose de positif. Ce qui se passe aujourd’hui à Bruxelles ne l’est pas", a expliqué le porte-parole du ministre au site du Centre communautaire laïc juif. "Pour Monsieur Jambon, l’expression qu’il a utilisée se rapportait à la mécanique de la clandestinité".

Un centre qui a commenté cet épisode de la manière suivante : "On aurait malgré tout pu attendre de la part d’un responsable politique qu’il réfléchisse avant de tenir de tels propos et de se lancer dans des comparaisons aussi douteuses que blessantes".

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