Jordan Atanasov (CSC): "On est condamnés à discuter avec Mittal"

"Se mettre à table et discuter est incontournable à l'heure actuelle", estime Jordan Atanasov
"Se mettre à table et discuter est incontournable à l'heure actuelle", estime Jordan Atanasov - © MICHEL KRAKOWSKI - Belga

Interrogé dans Matin Première pour analyser le nouveau bras de fer qui oppose la direction d'ArcelorMittal au personnel liégeois, le secrétaire général de la CSC Métal a déclaré : "Qu'on le veuille ou non, on est condamnés à discuter avec Mittal".

"Nous n'avons pas la responsabilité de jouer à pile ou face l'avenir de ces emplois", estime Jordan Atanasov et cela même si la direction d'ArcelorMittal fait clairement du chantage. "La direction a bien montré sa détermination", dit-il.

Et d'expliquer : "Clairement, il y a chantage et une pression sur l'ensemble des représentants du personnel pour accepter plutôt un accord-cadre. Un accord-cadre qui balise  et qui va baliser les prochaines négociations aussi bien du volet social que du plan industriel et ceci avec une date butoir qui est le 31 octobre (...) La difficulté est qu'on est pas certains d'arriver au bout des négociations à cette date-là, on voudrait aller un peu au-delà, mais on a pas le sentiment qu'il (Lakshmi Mittal, ndlr) a envie d'aller au-delà".

La faute à l'intransigeance de la FGTB ?

La FGTB est-elle responsable de ce nouveau bras de fer ? Pas vraiment si l'on en croit le président des Métallos Liégeois : "C'est la direction d'ArcelorMittal qui a provoqué la situation. A partir du moment où on vient avec un nouvel élément et on veut baliser effectivement des négociations pour éviter tout dérapage ou rallonge de délai supplémentaire. Je pense que c'est surtout ça leur crainte aussi, c'est qu'on rentre dans une deuxième phase Renault. Il ne faut pas oublier que l'on a rajouté 214 licenciements aux 581 initialement prévus en 2011. Donc à partir du moment où on change un peu la donne, il est clair qu'il y a crispation car il y a carrément rupture de confiance. Une rupture de confiance qu'il faut rétablir au plus vite".

Se mettre à table et discuter est donc incontournable selon lui.

Mittal veut-il abandonner Liège ?

Le groupe Arcelor-Mittal a-t-il un agenda caché ? Se sert-il de la FGTB comme prétexte à une fermeture voulue ? Le secrétaire général de la CSC Métal n'y croit pas même s'il est clair pour lui que si on ne fait pas les investissements annoncés (138 millions d'euros), on met en péril les outils et l'ensemble des emplois. "C'est pour cela que l'on ne peut pas jouer", explique-t-il.

Que peut faire le politique ?

Pour Jordan Atanasov, le politique doit les accompagner dans la confection du plan industriel, qu'il y ait fermeture ou non.

"Moi je sais qu'il y a un document qui est en possession de ce gouvernement wallon (donc les contacts sont déjà établis entre le gouvernement wallon et le groupe ArcelorMittal) qui prépare effectivement l'avenir de Liège s'il y en a un", précise-t-il.

Et d'ajouter : "L'avenir de Liège se construit autour des investissements qui ont été annoncés et promis. Moi, je demande en tout cas clairement qu'ArcelorMittal s'engage dans cet investissement et s'engage dans ce plan industriel que l'on doit encore négocier et peaufiner car pour nous il est essentiel pour asseoir la pérennité de Liège et les emplois qui lui sont directement liés".

Deux scénarios

"On travaille sur deux scénarios", conclut-il : la fermeture éventuelle et un plan alternatif.

"Nous avons présenté un plan alternatif au gouvernement wallon. On lui a demandé son soutien et on attend le résultat d'un plan financier pour déterminer si c'est viable ou non. Les deux pistes sont là. Il est clair qu'à un moment donné, il y en a une des deux qui va s'éteindre".

 

C. Biourge

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