Johan Vande Lanotte: "Nous avons fait bouger le marché" du gaz et de l'électricité

Johan Vande Lanotte était l'invité de Matin première
Johan Vande Lanotte était l'invité de Matin première - © RTBF

Invité de Matin première, le vice-Premier ministre et ministre de l'Economie, Johan Vande Lanotte dresse le tableau d'un gouvernement responsable dans un pays en crise. Il se réjouit en particulier que le le marché ait "bougé" dans le domaine des fournitures d'énergie.

Johan Vande Lanotte ne peut pas exclure une forte augmentation du gaz et de l’électricité en janvier. L’effet des cotations sur les marchés, notamment en hiver, dit-il. Mais normalement cela ne se voit pas dans les factures mensuelles. Globalement, admet-il, " les chiffres que l’on a jusqu’à présent c’est que sur une année, de novembre à novembre, le prix de l’électricité a diminué un peu et celui du gaz a augmenté de 5% jusqu’à présent ".

"Donc, il y aura normalement une hausse et ce que le gouvernement veut c’est que cette hausse se fasse dans les contrats les moins élevés, mais qu’il y ait une diminution dans les contrats les plus anciens et les plus élevés", souligne le vice-Premier socialiste. Un autre phénomène va également réduire l’impact à la hausse attendu en janvier selon lui : un ménage sur huit a décidé de changer de contrat voire d’opérateur. "C’est 12% du marché qui a été transféré de niveaux de contrats très chers vers des niveaux plus bas et qui a gagné entre 300 et 400, parfois 450 euros par année". Selon le ministre, les opérateurs qui décideraient d’augmenter spectaculairement leurs tarifs risquent donc de voir la clientèle s’adresser ailleurs : "Les fournisseurs ne savent plus faire ce qu’ils veulent", se réjouit Johan Vande Lanotte, qui voit en outre une évolution positive dans le fait que l’opérateur historique Electrabel est capable désormais d’offrir les meilleures conditions. "Il est très clair que lorsque le plus grand sur le marché se positionne en offrant le prix le plus bas, pour les nouveaux entrants, ça veut dire qu’on a fait bouger le marché".

Les derniers mois de la législature seront cruciaux

Un an après l’installation du gouvernement papillon, le vice-Premier socialiste reste modeste : "Ce n’est pas une période où on annonce des bonnes nouvelles aux gens et donc c’est très difficile dans une année où on doit prendre des mesures de changer l’opinion publique". Pour Johan Vande Lanotte c’est surtout ce contexte de crise qui rend le gouvernement si peu populaire en Flandre, davantage que la figure d’Elio Di Rupo elle-même. Et, avoue-t-il, "je n’ai aucune illusion sur le fait qu’en 2013 les sondages vont beaucoup changer". "C’est 2014 qui va tout décider, même probablement les deux, trois derniers mois", pense-t-il, lorsque le gouvernement pourra présenter le bilan de deux années.

Johan Vande Lanotte accueille avec une relative sérénité les attaques parfois très violentes du monde des entreprises envers le gouvernement. "Ils s’expriment beaucoup plus clairement qu’auparavant" en raison notamment du contexte très difficile que traversent les entreprises. Et sans doute aussi à cause d’une certaine compétition entre les organisations, estime-t-il. Et il constate : les partenaires sociaux "se comportent un peu comme des partis politiques, et ce n’est pas le rôle des partenaires sociaux".

Au banc syndical qui s’inquiète de modifications apportées dans le système de l’index, Johan Vande Lanotte répond qu’il sera adapté au prescrit européen. Il tiendra ainsi mieux compte de la réalité, estime-t-il. Mais si les syndicats exigent que rien ne soit modifié, "je ne peux pas dire oui", répond l’ostendais.

T.N.

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