Une solution pour Arco et l'entrée en bourse de Belfius avant l'été

Johan Van Overtveldt (N-VA) annonce une solution pour les coopérateurs d'Arco.
Johan Van Overtveldt (N-VA) annonce une solution pour les coopérateurs d'Arco. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le ministre N-Va des Finances Johan Van Overtveldt a confirmé ce matin à la VRT l'entrée en Bourse et la privatisation partielle de Belfius. Ce devrait, selon lui, être fait avant l'été. Une entrée en Bourse et en parallèle une solution et un dédommagement pour les anciens coopérateurs d'Arco. Un dossier qui reste l'un des cailloux dans la chaussure du gouvernement depuis des années et un sujet d'affrontement régulier - encore un - entre N-VA et Cd&V au sein de la majorité. 

Suite et peut-être fin d'une bien longue saga

Le couplage ne paraît pas illogique. Solution Arco et entrée en Bourse de Belfius, Belfius (actuellement à 100% dans les mains de l'Etat belge) successeur de Dexia dont la faillite en 2011 avait entraîné la chute de l'un de ses gros actionnaires Arco, coopérative financière du mouvement ouvrier chrétien (Moc en français, ACW en néerlandais), et ses 800.000 coopérateurs en majorité flamands. Avec une perte totale pour eux de 1,5 milliard d'euros.

Dès octobre 2011, le gouvernement du CD&V Yves Leterme avait promis un dédommagement - une garantie publique de 100.000 euros au grand dam des autres actionnaires de Dexia qui avaient vu leur investissement s'évaporer. Promesse répétée dans l'accord de gouvernement Michel en 2014. Mais la N-VA refusait de faire ce cadeau au CD&V. D'où l'absence d'avancées jusqu'à un accord bouclé à l'été 2017. Où Arco-Belfius a donc fait l'objet d'un vaste donnant-donnant resté relativement discret au milieu d'autres accords sur les grands projets de relance du gouvernement. Le gouvernement décidait de constituer un fond de 600 millions d'euros, de quoi rembourser 40% du capital perdu par les coopérateurs Arco. 600 millions dont 400 proviendraient de la privatisation de Belfius (outre un dernier gros dividende exceptionnel!), les 200 millions manquant étant issus, eux, de la liquidation même d'Arco et d'une contribution de beweging.net, l'ex-ACW, coupole des organisations patronales chrétiennes.

Manquait la date de la double opération Arco-Belfius: ce devrait être avant cet été. Johan Van Overtveldt ministre N-VA des Finances : "Le mois de juin serait idéal. Fin avril aussi ce n'est pas exclu mais évidemment le délai est plus court. Ce qui est sûr c'est qu'Arco pèse sur Belfius et que les dossiers sont liés, liés aussi politiquement donc il est logique que si nous tranchons sur Belfius avant l'été, il y aie aussi une solution dans le dossier Arco au même moment".

La date définitive dépendra des opportunités du marché boursier. La part à privatiser n'a officiellement pas encore été fixée - un groupe de travail gouvernemental a été chargé fin 2017 d'étudier la manière de gérer les participations d'Etat à l'avenir et des meilleurs opportunités pour les "valoriser".

Première réaction sur le sujet au sein du gouvernement, celle précisément du vice-1er CD&V Kris Peeters, "heureux que les "promesses soient enfin tenues" pour les coopérateurs Arco. "Heureux que le ministre des Finances N-VA s'engage à une solution au plus vite cette année". Une réaction plus hostile, celle de Groen. Les Verts flamands qui estiment qu'il serait plus sain que "Belfius reste dans des mains publiques plutôt que de subir une privatisation à courte vue", évoquant un "pur choix politique, à grands risques". 

Feu vert de l'Europe ? A voir

Reste à voir effectivement ce qu'en pensera la Commission européenne qui avait recalé en 2014 un mécanisme précédent d'indemnisation déclaré "aide d'Etat" illégale. La cour de justice européenne en 2015 et notre cour constitutionnelle avaient rendu des décisions identiques en 2016 et 2017. Il faudra donc que le gouvernement fédéral veille à justifier correctement la solution trouvée au profit des milliers de coopérateurs d'Arco. Dont certains (2000) se sont engagés dans une action en justice, sous l'étendard Déminor. Action en justice appelée à durer puisque dans l'état elle n'est pas destinée à un procès avant, au minimum, 2021 avait-on appris dernièrement.

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