Joëlle Milquet prépare la dispense du cours de religion pour la rentrée

Mise au point : "Cours de religion obligatoire : on fait une croix dessus ?"
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Mise au point : "Cours de religion obligatoire : on fait une croix dessus ?" - © RTBF/Kroll

Deux parents ont saisi la cour constitutionnelle et l’arrêt qui vient de tomber fera jurisprudence dans l’enseignement officiel. En conséquence, le cours de religion devrait pouvoir être facultatif : les élèves pourraient revendiquer et obtenir une dispense. La ministre de l'Education, Joëlle Milquet (cdH), prépare ce système de dispense pour la rentrée de septembre. Par contre, un cours de citoyenneté, en discussion depuis des années, n'est pas encore pour cette année.

Véronique Dethier, la requérante devant la Cour constitutionnelle, souhaitait éviter que son enfant reçoive une étiquette "philosophique" et soit ainsi "mis dans une case".

"Je trouve que quand un enfant rentre en première primaire, c'est un peu violent. C'est un peu comme quand vous allez travailler, si on vous demandait de quelle confession vous êtes", dit cette maman qui travaille aussi à la Fapeo, la fédération des parents de l’enseignement officiel. "C'est de l'ordre de la vie privéeCet arrêt est rassurant dans un Etat de droit".

 

Véronique Dethier demande que soit proposé un formulaire clair où les parents et l’élève peuvent demander et obtenir une dispense du cours de religion dès la rentrée prochaine, de préférence par un "non-choix" afin de ne pas créer une nouvelle case.

Elle souhaite que la religion ne soit plus un choix des parents et que l'enseignement forme plutôt des citoyens autonomes et responsables, capables de faire eux-mêmes leurs choix philosophiques.

Une dispense possible dès la rentrée de septembre 2015

Quelles seront les conséquences de cet arrêt ? Joëlle Milquet (cdH), ministre de l’Education du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, rappelle l'obligation dans l'enseignement officiel d'offrir le choix entre différents cours de religion et de morale non confessionnelle. Ce qui est nouveau depuis l'arrêt, dit la ministre, c'est la possibilité de dispenses de ce cours, sans que celles-ci doivent être motivées, comme en Flandre.

Joëlle Milquet reconnaît que l'offre telle qu'elle existe n'est pas complètement neutre, car le cours de morale non confessionnelle, est devenu "engagé selon la philosophie du libre-examen, etcetera".

La ministre prendra prochainement, mais pas avant la prochaine rentrée, en septembre 2015 donc, les mesures pratiques pour organiser la dispense sans motivation.

Ce ne sera pas simple, confesse-t-elle , surtout dans le primaire où les cours de religion sont parfois donné par les instituteurs. Elle envisage des reconversions de professeurs de religion ou de morale, mais pas avant 2016 car cela prend du temps.

L'année scolaire 2015-2016 sera donc une année de transition avec la moitié des cours de religion et de morale organisées en commun.

Le cours de citoyenneté en débat

Pour Richard Miller, député fédéral MR, "le problème de l'enseignement de la religion et de la morale reste entier". Pour lui, l'ajout d'une possibilité de ne pas suivre les cours ne suffit pas.

Il plaide pour l'organisation d'un cours obligatoire pour tous les enfants pour leur "apprendre à penser par soi-même, à réfléchir à qui on est et à notre responsabilité, à enseigner l'importance de la démocratie, le respect des lois", et enfin "un enseignement de toutes les convictions".

Ce cours de citoyenneté est aussi dans les cartons de la ministre Milquet, mais elle souligne qu'il s'agit d'un autre dossier, distinct de celui de la dispense. Ce cours viendra remplacer la deuxième heure hebdomadaire de religion ou de morale et sera contrairement à la première heure, obligatoire pour tous.

Richard Miller estime qu'on peut avancer vite sur les deux chantiers : celui de la dispense du cours de religion et celui du cours de citoyenneté.

Même si on en parle depuis 10 ans, il faudra cependant du temps pour l'organiser, affirme Joëlle Milquet. Cela ne se fera pas pour la rentrée prochaine, vu qu'il y a 12 années de cours à mettre sur pied, dans le primaire et le secondaire.

Caroline Désir, députée PS au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dit aussi que son parti appelle de ses vœux un cours de citoyenneté, qui aborde "le questionnement philosophique, le dialogue interconfessionnel et toutes les questions relatives à la citoyenneté et qui rassemble les élèves en primaire et en secondaire". Elle souhaite rouvrir vite ce débat. Le PS préconise à terme deux heures pour ce cours mais sera fidèle à l'accord de gouvernement et ne réclamera pas plus d'une heure par semaine.

Richard Miller aussi estime que deux heures ne seront pas de trop pour enseigner toutes ces matières.

@jfherbecq

Etaient invités pour débattre autour de Baudouin Remy:

Véronique Dethier – Fapeo – requérante à la Cour Constitutionnelle

Joëlle Milquet – cdH, Ministre de l’Education au gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles

Caroline Désir – PS, Députée au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles

Richard Miller – MR, Député fédéral

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