Joëlle Milquet n'a pas voulu "tromper" les électeurs

24h après l'annonce surprise de son retrait de la tête de liste fédérale à Bruxelles, Joëlle Milquet a pris le temps de s'expliquer sur les raisons de son départ. L'ancienne vice-première ministre parle d'une proposition intéressante, qu'elle n'attendait pas : "j'avais signé la liste le mardi soir et cette offre est arrivée mercredi" dit-elle. Le président de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker (issu de la même famille politique que Jeëlle Milquet), lui a donc proposé de continuer son travail sur le droit des victimes en Europe, après la publication d'un rapport aux multiples propositions: "Il m'a demandé de mettre en oeuvre les propositions, d'abord dans un premier round de mesures à court terme, pour qu'il puisse déjà lancer la première partie de la stratégie. Et de préparer le deuxième pour la prochaine commission. Puisque il y a encore toutes les mesures à moyen terme et à long terme et à m'inscrire dans ce processus-là et qui donne des perspectives."

En ligne de mire, un job de coordinatrice

Et ces perspectives, c'est une fonction de coordination. "C'est une cause très importante, urgente, les victimes sont les grandes oubliées des pays-membres et de l'Union, même s'il y a des choses qui se font. (...) La matière est vaste, juridique, explique la juriste de formation. Moi, ça me passionne de pouvoir faire bouger les choses et qu'on me donne carte blanche pour proposer la concrétisation des propositions que j'ai émises. Et qui devaient rester là et dont je ne connaissais pas le suivi."

Ce suivi, elle va donc pouvoir le faire, à court terme. Dans un second temps, la Bruxelloise évoque la nécessite de la mise en place d'une coordination. Et elle pourrait certainement postuler : "C'est une décision qui doit être prise le cas échéant par la commission. Ce sont des processus tout à fait objectif pour lequel on pose sa candidature de manière indépendante et avec une évaluation. Ca peut m'intéresser comme d’autres choses peuvent m'intéresser. Mais disons qu'li y a une continuité dans l'investissement." Et le fait d'être "dans la place" depuis plusieurs années sera un avantage important pour décrocher le job, pour celle qui a transformer le PSC en cdH il y a 17 ans.

Pas une "attrape-voix", pas de lien avec son inculpation non plus

L'hyperactive Joëlle Milquet ne pouvait-elle, tout de même pas, assurer la campagne et répondre à la demande de la Commission ? "Quand vous faites une campagne vous devez la faire à 200% Si on vous demande de travailler plus qu'à temps plein et de manière très urgence sur une grande partie d'une première réforme qui doit se réaliser dans les mois qui viennent, ça va me demander tout mon temps, par rapport à une campagne. Je n'aime pas tromper les électeurs. Si, par ailleurs, dans ce cadre-là, je suis amenée à postuler pour une mission ou une autre, par après, je n'ai pas envie d'être un attrape-voix et de dire, après six mois ou un an 'je m'en vais'. Il faut être clair et intègre en la matière. Et j'ai préféré être claire."

Joëlle Milquet est inculpée depuis avril 2016 pour "prise illégale d'intérêts". Ce départ soudain est-il à mettre en lien avec d’éventuels développement judiciaires à venir, qui auraient pu polluer la campagne du cdH ? "Non, ça n'a rien à voir, il n'y a franchement rien de neuf. Je me suis présentée [aux enquêteurs], je n'ai rien à me reprocher, c'est hyper clair. Maxime Prévot le sait, sinon je ne me saurais pas présentée [comme tête de liste le 22 février]. Ca n'a rien à voir, bien évidemment que non."

La démocrate humaniste l'assure, elle ne quitte ni son parti, ni la politique : "on a dit que je revenais alors que j'étais pas partie, ici, je prolonge simplement un engagement européen que j'ai depuis plus d'un an. (...) Après 25 ans de vie politique au niveau belge, j'ai envie de mettre mon dynamisme au niveau européen par rapport à des causes collectives. Ca continue à être de la politique même si ce n'est pas au parlement. C'est plus des actes que des discours. Moi, comme toutes les femmes, on aime souvent mieux les actes que les longs discours" conclut celle qui ne se présentera pas, face aux électeurs, le 26 mai prochain.

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