Joëlle Milquet: "Le plan pour l'école est une urgence francophone"

Joëlle Milquet
Joëlle Milquet - © RTBF

Vice-ministre présidente du gouvernement de la Communauté française en charge de l’Éducation primaire et secondaire, Joëlle Milquet (cdH) a lancé son "plan d'excellence" pour l'école. Un pacte que Joëlle Milquet présente comme "Un processus consultatif cadré dont le but est d’augmenter la qualité de l’enseignement pour tout le monde." Un plan qu'elle qualifie par ailleurs "d'urgence francophone".

Au constat que les ministres de l’enseignement successifs se donnent toujours pour mission de faire mieux que leur prédécesseur, Joëlle Milquet oppose sa volonté d'inverser les priorités en n’imposant pas une réforme qui vient d’en haut. " Nous partons du professeur que l’on veut mieux aider face à une école qui change et à des jeunes totalement différents." Le directeur doit pour sa part avoir l’occasion de faire un travail pédagogique.

La ministre en charge de l’enseignement reconnaît les limites du système actuel: "Nous proposons une démarche de qualité, avec un enseignement qui est souvent bien financé, mais dont les résultats sont moindres, notamment par le taux de redoublement. Certaines choses se passent bien. 50% des établissements ont des résultats bons et très bons. On remet l’enseignant au cœur du sujet. Les stratégies de lutte contre l’échec commencent à porter leurs fruits. On remonte dans les études. Avec une culture de l’évaluation on peut avoir des résultats rapides, mais l’école est encore organisée pour le XXème siècle. "

La fin des socles de compétences ?

Parmi les sujets clé du plan d’excellence, Joëlle Milquet cite les "acteurs" (enseignants), les élèves en fonction de leurs différences et les contenus. "L’école n’est plus le seul lieu de connaissance. On doit intégrer la transition numérique. L’économie de demain est celle de la connaissance, de l’innovation et de l’imagination."

Le tabou de la rémunération au mérite

A propos de la rémunération au mérite, la ministre de l’Education dit vouloir un processus participatif. " Il faut oser s’affranchir du conservatisme qui nous empêche de nous déployer. Notre système est complexe et hérité de l’histoire." Elle en appelle à une coordination, aux centrales d’achats et aux partenariats entre établissements. "On peut assurer le financement par une meilleur organisation et une meilleure allocation des ressources."

Critiquée par Charles Michel sur sa politique de lutte contre les jihadistes belges, Joëlle Milquet répond que la Belgique a été un exemple en la matière. "J’ai proposé un Conseil national de sécurité mais les libéraux n’en n’ont pas voulu. Avec Annemie Turtelboom, ministre de la Justice de l’époque, nous avons créé cette structure. J’avais organisé une ‘task force’ sur la Syrie qui se réunissait tous les vendredis alors que l’actuel gouvernement l’a fait une seule fois."

Jean-Claude Verset

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