Joëlle Milquet: "Je suis de ceux qui disent qu'on a besoin d'une migration"

Dans une actualité dominée par le dossier de l'asile et la migration, la députée bruxelloise et ancienne présidente du cdH Joëlle Milquet a tenu, dans Jeudi en Prime, des propos qu'on a peu l'habitude d'entendre dans la bouche de responsables politiques. Interrogée sur les difficultés de son parti, Joëlle Milquet estime qu'il y a un "problème de communication, tout le monde le reconnait". Allant plus loin, elle enchaîne: "il faut exprimer des valeurs, celles de la société du respect, de la main tendue. (...) Il faut s'assumer de manière très claire comme des humanistes, en étant très clair sur nos options. Et ne pas avoir peur de l'opinion et ne plus oser exprimer des convictions qui ne sont pas complètement populaires. Moi, je suis de ceux, même si ça ne fait pas plaisir, qui osent dire qu'on a aussi besoin d'immigration."

L'ancienne vice-première ministre (2011-2014) renchérit : "On ne peut pas laisser traiter des personnes sans papier comme on le fait actuellement avec ce gouvernement fédéral. Alors ça fait peut-être perdre pour certains, des voix. Mais les gens qui sont debout, qui ont une vision, qui sont pédagogiques, et qui l'assument, sont toujours en général plus crédibles. (...) Arrêtez de faire peur, le rejet de l'autre. Sans être pour autant laxiste, pour des frontières ouvertes. (...) Les migrants participent à la sécurité sociale. (...) Le coût de la migration est quasiment nul. On a peut-être accepté 15-17.000 personnes l'an dernier sur une population de 11 millions."

Carrefour, Opaline Meunier et allocations familiales

Sur l'actualité des dernières heures, et l'annonce des licenciements au sein de Carrefour-Belgique, Joëlle Milquet constate qu'une société bénéficiaire "organise un drame social qu'elle ne finance pas, car ce sont les Etats qui prennent en charge les conséquences dramatiques. (...) Une société bénéficiaire qui licencie doit participer à l'effort. Il faut imaginer une responsabilité sociale de l'entreprise, avec un financement à l'égard des Etats."

Il a beaucoup été question du cdH montois la semaine dernière avec "l'affaire Opaline Meunier", l'ancienne déléguée générale du cdH à la société civile qui a décidé de se présenter sur une liste - "Mons en mieux" -  portée par Georges-Louis Bouchez (MR) aux communales de 2018, allant ainsi contre la décision de la section locale montoise du cdH. Joëlle Milquet s'étonne d'abord du "foin médiatique" provoqué par cette affaire. Après avoir indiqué qu'elle appréciait la jeune Montoise, l'ancienne présidente du cdH n'a pas été tendre avec Opaline Meunier : "Opaline a décidé, et je lui ai dit que c'était une erreur, de ne pas suivre le choix démocratique de sa section. (...) Je ne suis pas pour les exclusions. Mais je suis étonnée de voir qu'on parle de 'nouvelle culture politique'. Mais cette nouvelle culture politique, pesudo nouvelle génération, c'est de ne pas respecter des règles de majorité ? Si on ne respecte pas ça, on veut un vote dictatorial ? L'anarchie ? Le sens du collectif, c'est important. C'est une erreur de jeunesse.

La tête de liste libérale Georges-Louis Bouchez en prend également pour son grade : "Choisir de se mettre sur la liste de quelqu'un qui fait des critiques assassines, où on a le culte de l’ego, alors que l'on veut construire quelque chose à Mons... On a besoin de gens qui ont les pieds sur terre.

A contrario, Joëlle Milquet rend hommage à l'actuel bourgmestre de Mons, Elio Di Rupo : "Je trouve que la manière dont on traite Elio Di Rupo est vexatoire. Mais on oublie son rôle quand on n'avait plus de pays. 500 jours de crise. Cet homme a passé un temps incroyable pour sauver le pays. Il mériterait un peu plus de reconnaissance."

Enfin, sur le difficile dossier des allocations familiales, Joëlle Milquet espère un accord pour Pâques : "On va faire cet accord. On veut un système proche des Wallons. (...) Mais surement pas faire financer cette reforme par les familles bruxelloises. Minimum 150€ par enfant."

On notera enfin que l'ancienne présidente du cdH ne se voit pas du tout revenir à la tête du parti. Joëlle Milquet, ne croit pas que ça soit bon qu'un ancien président revienne. "Je pense que ce n'est pas nécessaire", conclut-elle.

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