Enseignants: "Pas de compensation financière au saut d'index"

Joëlle Milquet : Il n’y aura de compensation financière au saut d’index pour les enseignants.
Joëlle Milquet : Il n’y aura de compensation financière au saut d’index pour les enseignants. - © Tous droits réservés

Invitée du Grand Oral La Première Le soir, Joëlle Milquet était en direct à la Foire du livre pour présenter un « plan lecture » qui concernera tous les niveaux d’enseignement, du maternel au secondaire. Joëlle Milquet commente également l’actualité politique de ces derniers jours et précise qu’il n’y aura pas de mesures financières de la part de la fédération Wallonie Bruxelles pour contrecarrer l’effet du saut d’index pour les enseignants. Par contre Joëlle Milquet botte en touche sur la question de l’indexation ou non des loyers, question qui devra être réglée par les régions.

Pas de mesures financières pour contrecarrer l’effet du saut d’index.

Les syndicats enseignants avaient demandé à la ministre de l’enseignement de prendre des mesures pour atténuer l’effet des décisions du gouvernement Michel. Joëlle Milquet rappelle que le CDH a toujours marqué son opposition à ce saut d’index. Cette décision, dit-elle, va rompre la paix sociale. Toutefois, que les enseignants le sachent, il n’y aura pas de mesures financières pour répondre au saut d’index. "Les politiques de rémunération sont du ressort du fédéral. On aurait une rupture complète en termes de droit du travail si nous prenions des mesures financières. On ne va pas donner à un secteur et pas pour un autre, c’est contraire à l’égalité de traitement. Par contre ce qu’ils demandent et ils ont raison c’est que nous puissions aménager les fins de carrières. Quand on parle de contrecarrer les mesures du fédéral dans l’enseignement, c’est cette décision que les syndicats visent et je leur donne entièrement raison."

Cela dit ce saut d’index va aussi permettre à la fédération Wallonie Bruxelles d’engranger des économies !

"Nous étions contre ce saut d’index et nous avons été cohérents, nous avons gardé la perspective d’une indexation dans notre épure budgétaire. Par contre, là où nous avons un problème c’est avec la diminution de la croissance qui entraîne un impact négatif sur le budget de la Fédération Wallonie Bruxelles comme pour toutes les entités fédérées. L’impact de la diminution de la croissance est plus important que le soi-disant bénéfice que l’on pourrait dégager avec le saut d’index."

Est-ce que Charles Michel ne vous a pas renvoyé une patate chaude à propos de l’indexation ou non des loyers, qui est une compétence régionale ?

"C’est effectivement au niveau des régions que cette décision doit être prise."

Mais au niveau de votre parti, quels seront les recommandations ?

"Au niveau du parti, nous nous sommes occupés d’autres sujets…il faudra interroger les ministres présidents au moment opportun."

Charles Michel a donc réussi son coup en vous renvoyant la patate chaude ?

"Je ne pense pas qu’il ait réussi son coup. Je m’occupe de mes matières et je laisse les autres s’occuper des leurs."

Je n’accorde pas plus d’un 4,5/10 au gouvernement Michel.

"Il n’y a pas d’entente dans cette majorité, elle est constamment éclatée. Les partis néerlandophones ne s’entendent pas. Vous avez un aplatissement complet du monde francophone avec un bourgmestre à Anvers qui n’arrête pas de commenter, qui donne ses ordres, ses sous-ordres…On a une minorisation complète des francophones et c’est la première fois de notre histoire que nous avons 75% des francophones qui ne sont pas représentés dans ce gouvernement."

Cela dit les institutions belges donnent des indicateurs dans le vert pour la Belgique et saluent les initiatives qui ont été prises ?

"Oui mais ça vient d’un long chemin, vous pensez que c’est par l’arrivée d’un nouveau gouvernement qu’on a répondu aux attentes européennes ? C’est un travail énorme que nous avons fait sous toute l’ancienne législature pour ramener la Belgique dans le peloton de tête, notamment en matière d’emplois ou en matière de trajectoire budgétaire. Ces indicateurs verts sont un bel hommage au gouvernement antérieur."

Nous mettons en place un programme obligatoire en matière de lecture.

Présente à la Foire du Livre de Bruxelles, la ministre de la Culture et de l’Enseignement annonce la mise en place "d’un plan lecture" qui sera d’application de la crèche jusqu’à l’enseignement secondaire. Un plan qui se déclinera par des incitations à la lecture dès le plus jeune âge, avec distribution d’un livret parental sur l’importance de la lecture dès la naissance, mais également avec une formation continuée des accueillants et des puéricultrices.

"Contrairement à la France, nous n’avons pas de référentiels, c’est-à-dire un programme obligatoire pour les 0-6 ans. Nous allons rendre ces référentiels obligatoires dès le plus jeune âge en insistant sur le rapport à la lecture avec des consignes claires en matière de pratiques de lecture. Idem en primaire, on va renforcer cet apprentissage parce que la maîtrise de la lecture est fondamentale dans la réussite scolaire."

Vous allez imposer des auteurs à lire à l’école ?

"Non pas du tout, je ne suis pas la Pravda ou le Soviet suprême. On va donner des conseils de livres référencés. Notre but est simplement d’avoir des objectifs plus élevés. Nos objectifs en matière de lecture ne sont pas assez élevés. Vous savez que chez nous on ne teste la lecture implicite d’un livre, c’est-à-dire savoir si on a compris, qu’en 6ème primaire. Les autres systèmes d’éducation testent les enfants dès la 4ème primaire sur des textes beaucoup plus longs. Donc dorénavant il y aura des obligations dans l’apprentissage de la lecture. Evidemment on va faire ça avec des pédagogues et les enseignants. Le rapport à la lecture est fondamental pour nos jeunes, pour leur rapport aux autres, pour leur esprit critique, pour appréhender aussi la notion de liberté d’expression."

RTBF

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