Joëlle Milquet: "Il faut bouger dans le dossier des sans-papiers afghans"

Joëlle Milquet: "Il faut bouger dans le dossier des sans-papiers afghans"
Joëlle Milquet: "Il faut bouger dans le dossier des sans-papiers afghans" - © Tous droits réservés

L'invitée du grand Oral, ce samedi 11 janvier 2014 est Joëlle Milquet, Vice-Première ministre, ministre de l'Intérieur et de l'Egalité des Chances. L’affaire Dieudonné, la marche des Afghans… Les sujets ne manquent pas pour celle qui a fait son "coming out" électoral bruxellois ce jeudi. Elle s'explique longuement sur ce choix qui, dit-elle, n'a pas été fait "la kalachnikov sur la tempe: on ne me dicte pas mes choix".

Béatrice Delvaux éditorialiste en chef au journal Le Soir s’interroge sur les vraies raisons du choix bruxellois de Joëlle Milquet, rappelant que certains avaient dit que ce n’était pas son choix, que le parti a voulu la mettre de côté à Bruxelles pour "ne plus avoir Milquet au fédéral".

Joëlle Milquet (JM) : "Vous avez lu un journaliste néerlandophone qui apparemment n’a jamais vraiment mis un pied dans le monde francophone politique… On ne me fait pas choisir ce que je ne veux pas. Je n’ai jamais vu personne dans mon parti venir avec une kalachnikov et dire 'toi tu vas là et pas là'. Non, c’est un choix qui est collectif, parce que moi je suis collective, et que quand on travaille à la fois dans un pays, dans une région, on pense d’abord à l’intérêt général et à voir où l’on peut être nécessaire."

Bruxelles, "ville invivable" selon les Flamands

Jean-Pierre Jacqumin, directeur de l’Info-Sports à la RTBF, demande à la ministre si elle estime que la criminalité est en baisse à Bruxelles :

JM : "Non seulement nous sommes en diminution partout en Belgique, notamment en ce qui concerne la violence physique. C’est la première fois que nous avons pu le dire il y a six mois, c’était une première donnée, mais c’est également très vrai sur Bruxelles. Quand vous faites la différence avec Anvers, arrêtons de rire. À Bruxelles, vous avez une augmentation très importante d’habitants mais l’augmentation de la criminalité n’a absolument pas suivi l’augmentation de la population."

Demandeurs d’asile afghans : "le programme gouvernemental doit changer"

JM : "Ce que je pense c’est qu’il faut bouger. Et donc le fait important est d’avoir pu convaincre que l’on puisse redéposer des dossiers par rapport à des éléments neufs. C’est vraiment largement un début de solution. Ce sont des demandes d’asile, je ne suis pas dans des demandes de régularisation, ça c’est un autre sujet. Mais en termes de demandes d’asile, on a pu lancer le message : 'Redéposez vos dossiers, venez expliquer'. J’ai été très attentive, c’est vrai, à la dégradation de certains éléments de situation qui sont évoqués au niveau de l’Afghanistan. On a différents rapports, les organisations sont venues les expliquer."

Dieudonné : un effet inverse à celui recherché

Si l’intéressé veut venir faire des spectacles en Belgique, quelle sera l’attitude de la ministre de l’Intérieur ?

JM : "Je ne suis pas sûre que le grand 'pow-wow' que l’on fait pour le moment en France n’arrive pour finir pas à l’effet inverse. Son site n’a jamais été aussi suivi et on n’a jamais autant parlé de lui. Il n’a jamais gagné autant d’argent d’ailleurs puisqu’on sait que l’argent est très important pour la personne en question. Il faudrait pouvoir faire les choses avec moins d’aspects médiatiques, plus d’efficacité sur le terrain. Moi je préfère laisser cela à la sagacité d’un bourgmestre, mais bien sûr on peut se coordonner…"

Arnaud Ruyssen, journaliste RTBF : "Il n’y aura pas de consigne ? Manuel Valls n’avait pas tout à fait les compétences mais il a quand même envoyé une circulaire aux préfets et il a construit le dispositif juridique qui permet finalement l’interdiction."

JM : "Nous l’avons déjà. La Belgique a deux longueurs d’avance : un, on l’a déjà ; deux, on l’a déjà fait, on a déjà interdit. J’ai confiance en l’autonomie des bourgmestres."

RTBF

 

 

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