Joëlle Milquet contre le "médiévalisme, les tours et les forteresses"

Joëlle Milquet dans Matin Première
Joëlle Milquet dans Matin Première - © RTBF

L'idée d'une "déconstruction" de la Fédération Wallonie-Bruxelles lancée par Jean-Claude Marcourt est loin de faire l'unanimité. Joëlle Milquet juge le débat "affligeant, vain et dangereux". La ministre cdH de l'Intérieur était l'invitée de Matin Première ce mercredi matin. Elle évoque également la grève générale du 30 janvier et ses priorités en termes d'Egalité des chances.

La polémique engagée par Jean-Claude Marcourt au sujet de la "déconstruction" de la Fédération Wallonie-Bruxelles anime encore et toujours les débats. Pour sa part, Joëlle Milquet refuse d'ajouter de l'huile sur le feu. Elle en appelle à ce qu'on "siffle la fin de la récréation" en jugeant le débat "d'affligeant", de "vain et dangereux".

Le moment choisi pour lancer ce débat est "inopportun" pour l'invitée de Bertrand Henne. "Nous sortons de la crise la plus grave de notre pays, nous venons de stabiliser l’État fédéral après des moments terriblement dangereux et nous sommes confrontés à l'une des crises économiques et financières les plus importantes depuis des années qui doivent mobiliser notre énergie", exprime Joëlle Milquet dans le studio de Matin Première.

Les francophones doivent rester unis

Selon elle, revenir à "importer dans le monde francophone des velléités du XIXè siècle, du repli régionaliste frileux et des petites gue-guerres entre Wallonie et Bruxelles (...), c'est inopportun, dangereux politiquement et cela va contre le sens de l'Histoire, contre les intérêts politiques des francophones qui doivent être unis, contre la logique économique qui exige concertation entre Wallonie et Bruxelles (...) et contre les intérêts culturels et éducatifs", estime la ministre de l'Intérieur.

Ce n'est, selon elle, pas le moment d’exalter les identités et de créer un schisme entre francophones.

Il ne faut pas diminuer les pouvoirs de la Fédération

"Je n'ai jamais nié la nécessité d'avoir un débat serein au bon moment et sur des aspects plus techniques", lance-t-elle. Tout en rappelant le leitmotiv humaniste de son parti, Joëlle Milquet refuse le "repli vers le médiévalisme, les tours et les forteresses" qui va à l'encontre de l'universalisme du XXIè siècle.

"Nous avons besoin d'une vision commune, plus que jamais à renforcer... ce qui était le sens de toute la logique de l'accord institutionnel". Il ne faut donc pas diminuer les pouvoirs de la Fédération Wallonie-Bruxelles, estime Joëlle Milquet.

Thierry Giet doit siffler la fin de la récré

La ministre de l'Intérieur espère Thierry Giet, président du PS, siffle la fin de la récréation. "Les francophones ont besoin d'autre chose: en termes de priorités, c'est le socio-économique et la crise qui doivent nous mobiliser", juge-t-elle.

La grève du 30 janvier: "Le plus important, la concertation a repris"

Les syndicats ont confirmé la grève générale prévue le 30 janvier. "Je laisse la liberté aux syndicats de faire les choix qu'ils veulent faire", commente l'invitée de Matin Première visiblement peu satisfaite par ce choix. "Le plus important pour nous, c'est la concertation qui a repris".

Joëlle Milquet lance un appel pour que cette grève ne vienne pas mettre à mal ce qui est indispensable dans ce pays. "Le pays, c'est moins d'une grève qu'il a besoin que d'un grand accord entre syndicats et employeurs". "Le processus de négociation est lancé", rappelle-t-elle au micro de Bertrand Henne. "J'espère que la mobilisation va se faire dans la volonté de trouver un accord".

Egalité hommes-femmes: une priorité

Joëlle Milquet présente ce mercredi matin dans la presse ses priorités en termes d'Egalité des chances. Quel projet nouveau doit-on attendre de sa part dans le domaine de l'égalité hommes-femmes ? Cette égalité "semble acquise pour tout le monde et mobilise beaucoup moins alors qu'elle est loin d'être acquise et que ça reste un vrai combat moderne", estime-t-elle. "Les femmes restent en tout point discriminées: elles sont plus souvent victimes de violences, elles gagnent moins, sont plus souvent confinées dans des métiers plus précaires, souvent seules avec des enfants à charge dans des difficultés parfois financières".

Au-delà de l'égalité de traitement dans l'emploi et l'accès à l'emploi, Joëlle Milquet entend aussi lutter contre la violence faite aux femmes. Et de prévenir: "Ça va vraiment être la priorité du gouvernement, parce que les chiffres sont dramatiques, parce que c'est une violence psychologique et physique qui tue presque 50 femmes par an chez nous".

AdC

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