Dépénalisation de l'IVG: le texte à la demande du CD&V, du CDH, de la N-VA et du Vlaams Belang est à nouveau renvoyé au Conseil d'Etat

Joachim Coens menace de quitter les discussions pour un nouveau gouvernement fédéral si le texte sur l'IVG est adopté aujourd'hui à la Chambre
Joachim Coens menace de quitter les discussions pour un nouveau gouvernement fédéral si le texte sur l'IVG est adopté aujourd'hui à la Chambre - © DIRK WAEM - BELGA

Le texte dépénalisant complétement les interruptions volontaires de grossesse est à l'ordre du jour des votes cet après-midi à la Chambre. Un texte qui rallonge notamment de six semaines, le délai possible pour procéder à un avortement. Le délai passant de 12 à 18 semaines de grossesse.

Une majorité soutient le texte

Ce texte a le soutien de la famille socialiste, de la famille écologiste, de Défi, du PTB et des deux partis libéraux. Et donc, il pourrait être adopté aujourd'hui. Mais voilà, au CD&V, on explique depuis des mois qu'ils n'accepteront jamais que ce texte soit voté. Le parti chrétien-démocrate flamand avait déjà en mars dernier demandé le renvoi de la proposition de loi au Conseil d'Etat.

Joachim Coens lance une menace

Selon De Tijd, le président du CD&V menace de se retirer des discussions qu'il mène avec le président du MR et de l'Open VLD pour la formation d'un nouveau gouvernement fédéral si le nouveau texte sur l'interruption volontaire de grossesse passe aujourd'hui. Mais le président du MR dit ne pas vouloir mêler les deux choses. " Les députés de mon parti ont la liberté de vote sur le sujet comme sur tout dossier éthique. Et donc, il y a de grandes chances pour que le texte soit adopté. Il n'est pas correct de lier la formation d'un gouvernement à ce vote. Comme le gouvernement actuel n'a pas de majorité, le parlement est libre et il peut voter des textes avec des majorités différentes. Nous avons une proximité socio-économique avec la N-VA et le CD1V. Mais sur des questions de société, nous sommes des libéraux et donc, nous permettons aussi cette liberté à nos parlementaires pour qu'ils puissent poser des choix qu'ils estiment être justes."

Pour Joachim Coens, il y a une rupture de parole de Georges-Louis Bouchez.

Des fins purement politiques

Le CD&V soutenu par la N-VA, le Vlaams Belang et le CDH demandent un nouveau renvoi d'amendements au Conseil d'Etat. C'est la troisième fois. Pour la députée socialiste, Eliane Tillieux, le CD&V sollicite le Conseil d'Etat "à des fins purement politiques."

Le président VLD de la Chambre, Patrick Dewael demande à ce que tous les parlementaires de manière nominative puissent se prononcer sur cette nouvelle demande de renvoi au Conseil d'Etat.

Et Patrick Dewael de rajouter: "A un moment donné, une assemblée parlementaire doit pouvoir se prononcer et voter sur un texte. Le Conseil d'Etat a déjà été sollicité deux fois. Le but ne doit pas être de retarder un vote."

Nouveau renvoi au Conseil d'Etat

Plus de cinquante députés issus du CD&V, du CDH, de la N-VA et du Vlaams Belang ont demandé et obtenu le renvoi d'amendements au Conseil d'Etat. Ce vendredi, Patrick Dewael rencontrera le premier président de cette instance et dans la foulée, Patrick Dewael communiquera la durée demandée pour que le Conseil d'Etat se prononce. L'urgence pourrait être invoquée et dans ce cas, le Conseil d'Etat doit se prononcer dans les cinq jours.

Nouvelles tensions entre le CD&V et le MR

En tout cas, à l'issue du vote, il y avait de la crispation et même de la colère chez Joachim Coens, le président du CD&V. Et il ciblait clairement ses deux partenaires: le MR et l'Open VLD. Pour Joachim Coens, les deux partis libéraux auraient dû bloquer la procédure. " Je ne comprends pas alors que nous essayons ensemble de former un gouvernement et que nous sommes déjà ensemble dans un gouvernement, que ces deux partis ne tiennent pas compte de nos sensibilités. Tout le monde sait que c'est important pour nous."

Georges-Louis Bouchez, le président du MR, ne comprend pas vraiment le problème et les critiques à l'égard de son parti. " Je ne pense pas que c'est manqué de respect que d'affirmer ses valeurs."

"Comptez sur nous pour exploiter cette jurisprudence qui s'ouvre aujourd'hui", a annoncé le chef de groupe PTB, Raoul Hedebouw, qui espère ainsi retarder le vote de textes "antisociaux".

"Le parti du ministre de la Justice exploite le Conseil d'Etat à des fins politiciennes, c'est inadmissible", a déploré Eliane Tillieux (PS).

"Plus personne ne changera d'avis. Le dossier est mûr, il est temps d'aboutir, a exhorté Sarah Schlitz (Ecolo-Groen). Nous déplorons que le droit des femmes soit bafoué au profit d'un marchandage politique dans le cadre des actuelles tentatives pour former un gouvernement", a-t-elle déploré.

Même s'il existe une majorité parlementaire pour le voter, le texte demeure controversé. "J'entends l'appel de très nombreux citoyens. S'il y a une majorité ici, je ne suis pas sûre qu'il y ait une majorité dans la population", a affirmé Catherine Fonck (cdH). Une thèse qui a fait bondir Sophie Rohonyi (DéFI): le parlement représente la Nation, a-t-elle fait remarquer.

Sujet JT 19H30 de ce jeudi 2 juillet

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