Joachim Coens, l'ex-informateur royal: "Nous étions presque arrivés à une préformation"

Deux jours après sa destitution de sa mission d'informateur royal, le président du CD&V, Joachim Coens, réaffirme à la VRT que son parti souhaite voir la mise en place d'un gouvernement réunissant la N-VA et le PS.

"Pour moi, la mission d'information était déjà finie mardi, et nous espérions déjà passer à l'étape suivante à ce moment-là", raconte Joachim Coens sur le plateau de Zevende Dag (VRT). 

Mardi dernier, le Roi a prolongé la mission des informateurs des informateurs Joachim Coens et Georges-Louis Bouchez jusqu'au 4 février. Or coup de théâtre, vendredi soir: le Palais royal a déchargé le duo de nouveaux présidents et a chargé Koen Geens (CD&V) d’une mission pour la formation d’un gouvernement fédéral.


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L'étape suivante, c'était au départ de transmettre le flambeau à Bart De Wever et à Paul Magnette, respectivement président de la N-VA et du PS, mais le président du PS a refusé. "Le Palais a jugé que cela ne servirait pas à grand-chose de confier une mission à Bart De Wever tout seul, ça pourrait être une mission dont le seul but est de le faire échouer", analyse Dave Sinardet, le professeur en sciences politiques de la VUB.

Note de centre

Joachim Coens estime avoir atteint son objectif dans le cadre de sa mission avec Georges-Louis Bouchez : "Après la mission de Paul Magnette qui n'a pas réussi à trouver une majorité pour une coalition violette-verte, nous avons déposé une note de centre. À partir de cette position, nous voulions impliquer les deux plus grands partis."

Malgré les déclarations dans les médias, l'ex-informateur royal estime qu'il a réussi à rapprocher le PS et la N-VA: "Il y avait des points de synergie. Nous étions presque à une préformation, mais, si on commence à parler d'éléments techniques, on est déjà plus loin qu'une phase d'information." 

Joachim Coens insiste pour dire que Koen Geens a déclaré qu'il comptait concentrer ses efforts pour tenter de rapprocher N-VA et PS: "Il a dit qu'il allait partir de notre note du centre, ce qui est une bonne piste. Koen doit essayer de mettre en place un gouvernement avec une majorité des deux côtés."

Selon l'ancien patron du port de Zeebruges, cette position a toujours été celle du CD&V après les élections : "C'est important pour la stabilité de notre pays que les deux plus grands partis de Flandre et de Wallonie se rassemblent pour la période importante qui nous attend. Le déficit budgétaire est grand, la réforme de l'État doit être mise en place. Nous devons avoir la plus grande stabilité pour notre pays."

Pas de Vivaldi

Joachim Coens est assez critique vis-vis d'une alliance entre libéraux, socialistes, écolos et CD&V: "On ne va pas résoudre le problème du déficit budgétaire avec une solution caduque. Tout le monde dit qu'il y a une alternative, on parle de la Vivaldi. Vivaldi, c'est quatre saisons sans majorité. C'est tout et rien à la fois, c'est très difficile."


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Selon lui, la coalition violette-verte était en route vers un programme progressive éthique sur lequel le CD&V une autre point de vue: "Si nous entrons dans un gouvernement, les autres partis devront prendre ça en compte", avertit-il. 

Avec ou sans la N-VA?

Georges-Louis Bouchez ne partage pas vraiment l'analyse de son co-informateur et déclare sur Twitter qu'il revient au CD&V de trancher: un gouvernement avec ou sans la N-VA?

Un peu frustré, Joachim Coens réagit à ce tweet : "Cela fait déjà un certain temps que l'on rejette la responsabilité sur les autres. Tous les partis sont impliqués, tous les partis ont en partie les clés en main." 

Pour Sammy Mahdi, arrivé en deuxième position face à Coens dans la course à la présidence du CD&V, c'est surtout le contenu qui compte et pas les partis dans la coalition : "Nous ne devons pas rester coller à quelqu'un, que ce soit la N-VA ou le PS. Nous devons regarder le contenu [...] Savoir qui sont les partenaires de coalition, ça m'intéresse dans une moindre mesure. Cela peut être avec ou tout aussi bien sans la N-VA", explique-t-il dans une interview avec le journal De Zondag.

Joachim Coens nie pour sa part que son parti est scotché à la N-VA. Il souligne le fait que Sammy Mahdi déclarait pendant la campagne présidentielle du CD&V qu'il plaidait pour une coalition avec le PS et la N-VA. "Si on nous dit que le PS doit faire partie du gouvernement, personne ne nous dit que l'on est collé au PS."

Dans tous les cas, le communiqué du Roi laisse la porte ouverte à toutes les possibilités, tant qu'un gouvernement stable voit le jour : "Le Roi a chargé Monsieur Koen Geens de prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement de plein exercice."

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