Jeudi en Prime : Pierre-Yves Jeholet plaide pour des assouplissements "car les gens en ont besoin"

A la veille d’un nouveau Comité de concertation, le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR) était l’invité de Jeudi en Prime.

Le comité de concertation doit-il décider de relancer les métiers de contact à l’arrêt ?

Du côté du MR, mais aussi du côté du PS, des voix se sont déjà élevées pour demander une réouverture des métiers de contact toujours à l’arrêt, comme les coiffeurs. A quoi faut-il s’attendre lors du Comité de concertation de ce vendredi ? Sans préjuger de l’issue de la discussion qui sera menée, pour Pierre-Yves Jeholet, "les feux sont verts pour les coiffeurs, les esthéticiennes et les métiers de contact". Pour le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, "il est temps d’être un peu optimiste". Pour lui, "nos concitoyens ont besoin de perspectives, d’espoir".


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Pierre-Yves Jeholet confirme qu’il ne sera pas encore question d’ouvrir tous les robinets pour la culture, le monde du spectacle, les sports, mais il estime qu’il faut y travailler. Il plaide pour des assouplissements "car on sent que les gens en ont besoin", moyennant des protocoles sanitaires et des conditions strictes.


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Si pour le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il faut avancer dans cette direction, c’est parce que "le risque, c’est qu’à un moment donné, il n’y ait plus aucune adhésion de nos jeunes et de la population".

"Les experts ne doivent pas sacrifier notre jeunesse"

Dans leur dernier rapport, les experts sont contre une reprise d’activités. Du côté politique, les avis sont moins tranchés. Politiques et experts sont-ils à contre-courant ? L’avis du politique doit-il prédominer sur les conseils des experts ? Il y a aussi le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke qui, mardi, sur le plateau du Journal télévisé prônait plutôt le risque zéro. Ce à quoi, Pierre-Yves Jeholet répond que "le risque zéro n’existe pas". Pour lui, les experts donnent des avis et les politiques décident.

Après la crise, "les experts, on ne les verra plus, mais nous, nous aurons des comptes à rendre, notamment par rapport à la santé mentale des jeunes", estime Pierre-Yves Jeholet. "Les experts ne doivent pas sacrifier notre jeunesse", a-t-il plaidé. "Je ne suis pas inconscient, mais le risque zéro n’existe pas. Dire qu’on ne va assouplir que quand 70% de la population sera vaccinée, ça ne va pas", a-t-il déclaré.

Quand on lui demande s’il n’y a pas un clivage entre Francophones et Flamands, les Flamands étant plus rigoristes, Pierre-Yves Jeholet rappelle que, lors de la première vague, les Flamands étaient ceux qui voulaient ouvrir les robinets.

Pierre-Yves Jeholet plaide ainsi également pour l’Horeca. "Pas de faux espoirs, pas de date, mais on ne les oublie pas", a-t-il dit. L’exemple de l’Italie qui rouvre ses établissements Horeca le midi, pourrait être une piste.

Ne pas fermer les écoles, le présentiel, si possible dans le supérieur

L’enseignement est aussi un secteur exposé aux difficultés engendrées par l’épidémie de Coronavirus. Enseignement à distance pour une partie des élèves et pour une bonne partie des cours dans les universités et les hautes écoles, fermeture de classes pour cause de cas de Covid, autant de contraintes qui sont le lot du secteur de l’enseignement.

Le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles confirme qu’il n’est pas question de prolonger les vacances de Carnaval. Selon lui, il n’en a jamais été question. Il n’a pas non plus été envisagé de passer à 100% d’enseignement à distance à partir de la 3e année du secondaire.

Quant aux universités, si un retour aux cours en présentiel est possible, il faudra le faire. A l’horizon du mois de mars, par exemple.

Rénovation des bâtiments scolaires : réponse aux critiques

Le chantier des bâtiments scolaires a fait couler de l’encre ces derniers temps. Le cdH dénonce une inégalité dans la répartition des fonds européens : le réseau Wallonie-Bruxelles, l’ex réseau de la Communauté française, prendrait près de 60% de l’enveloppe de 300 millions, le réseau libre serait lésé. Le Ministre-Président Jeholet répond : les écoles provinciales, communales et du réseau libre ne seront pas lésés. Selon Pierre-Yves Jeholet, les 300 millions sont une "petite partie". "Il y aura probablement des investissements au-delà d’un milliard d’euros dans les bâtiments", a-t-il expliqué, précisant qu’un élève égale un élève en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pas opposé à une régionalisation des compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles

En conclusion, le sujet de la régionalisation des compétences communautaires a été abordé. "Au niveau francophone, on doit rationaliser beaucoup de choses", a estimé Pierre-Yves Jeholet. "Depuis 20 ans, les politiques qu’on mène ne sont pas à la hauteur de tout l’argent qu’on investit", a-t-il ajouté. "On verra si demain on organise l’espace francophone en étant plus efficace", a-t-il expliqué, tout en rappelant qu’il faut garder le lien entre les francophones de Bruxelles et de Wallonie, même s’il y a 4 régions et plus de communautés.

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