"Jeudi en prime" : Paul Magnette, optimiste : "Essayons vraiment d'aboutir"

Le président du PS Paul Magnette était ce soir l’invité de "Jeudi en prime" sur la Une Télé. L’occasion de revenir sur le changement de cap du CD&V qui a accepté formellement depuis ce mercredi d’entamer des discussions avec les autres familles politiques, socialistes-libérales-écologistes, en acceptant visiblement de lâcher cette fois les nationalistes de la N-VA.

Paul Magnette a ainsi d’abord clairement manifesté sa confiance dans les démocrates-chrétiens : "C’est un gros travail qui a été accompli par Joachim Coens, le président du CD&V depuis son élection ; il a pris ses responsabilités et il propose donc désormais cette coalition 'Avanti'; alors oui allons-y ! Avec quatre familles politiques autour de la table, essayons cette fois de vraiment aboutir. Il reste quelques jours avant le 17 septembre", jour où la Première Ministre MR Sophie Wilmès doit demander la confiance du Parlement.

Paul Magnette a confirmé entre les lignes que les 4 familles, 8 partis, se sont vus ce mercredi en toute discrétion. 8 partis donc avec le cdH, dont la présence était demandée par le CD&V mais rejetée, disait-on, côté libéral. Pour le président du PS, "pas de raison de diviser des familles politiques…". Mais tout ne s’est pas encore forcément bien passé dans cette réunion puisque, dit-il, sans plus de précisions, "les discussions n’ont pas encore vraiment démarré".

Et d’espérer d’ailleurs que "ce sera le cas dans les prochaines. Pour que le chargé de mission royale Egbert Lachaert puisse aller demain chez le Roi apporter une bonne nouvelle". "Les échanges ont été vifs et sincères", ajoute-t-il, laissant entendre que les 8 devraient encore se revoir ce vendredi avant le rapport du président de l’Open VLD au Roi.

Il reste en effet une série de points "difficiles" : la réforme de la loi avortement, le nucléaire, la fiscalité, l’avenir de la sécurité sociale. "Si c’était si simple cela ferait longtemps que l’on aurait un gouvernement".

Sur l’exclusion annoncée a priori de la N-VA dans la future coalition, Paul Magnette se dit "ni content ni mécontent […]. On a discuté et on a pu convaincre la N-VA sur une série de points, le pouvoir, les pensions, les salaires, la santé, donc c’était des avancées très significatives. Cela n’a pas abouti. Voilà, et on est passé à autre chose". 

Et malgré les contestations importantes parfois en interne du PS, Paul Magnette maintient qu’il était "indispensable de parler avec la N-VA. Qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas c’est le premier parti de Flandre", et dans une démocratie il convient de parler avec tout le monde.

Le dossier "avortement" reste épineux mais…

Paul Magnette insiste sur le fait que le dossier IVG, la réforme de la loi avortement en vue d’une dépénalisation totale, poussée au Parlement par une majorité alternative (socialistes-libéraux-écologistes, PTB et Défi), et qui hérisse au plus haut point le CD&V, est "bloqué pour le moment", avec une série de renvois d’amendements au Conseil d’Etat par les opposants au texte. Le président du PS se dit dès lors "prêt à discuter, dans le respect mutuel, discuter ensemble sur un texte commun, une solution à la fois pour le droit des femmes mais sans blessures pour les uns et les autres […], un respect mutuel entre partenaires, ce qui est normal". 

Une ouverture donc au dialogue avec le CD&V ? A voir. Paul Magnette confirme cependant que si une discussion doit avoir lieu entre partis, la solution devra venir lors d’un débat qui resterait à la Chambre.

Enfin, le président du PS s’est dit favorable à une prolongation de la mission d’Egbert Lachaert : "si on trouve d’ici demain (ce vendredi) une formule pour avancer". Sur la question du futur Premier ministre ? "On n’en parle pas pour le moment", insiste-t-il, "tout le monde y pense mais personne n’en parle. Si ce Premier Ministre devait être flamand (l’Open VLD Alexander De Croo ou le CD&V Koen Geens ?), cela se décidera entre partis flamands, nous n’avons pas d’exclusive". Si cela devait revenir à un francophone, il rappelle que la famille socialiste est la première, Paul Magnette se dit "disponible" et ne refuserait pas si le poste devait lui être proposé…

Tout cela donc pour un accord à conclure au plus vite, avant le 17 septembre donc, jour de la demande de confiance de Sophie Wilmès au Parlement, sinon faute d’accord "on va retomber en affaires courantes, ça veut dire qu’on n’aura pas les moyens d’apporter les réponses dont notre pays a besoin. Donc on doit vraiment tous faire de notre mieux, passer au-dessus de certaines difficultés, faire des concessions […]. Sinon on va re-rentrer dans un cycle où nous ne serons plus en état d’agir. Or nous avons vraiment besoin d’agir contre l’épidémie et contre les conséquences socio-économiques qui seront dramatiques s’il n’y a pas d’action publique".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK